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Ligue 1: Le président de Nice dénonce «une violence sans limite»

Ligue 1: Le président de Nice dénonce «une violence sans limite»

FOOTBALL – Jean-Pierre Rivère revient sur les heurts de dimanche…
Propos recueillis par Jean-Alexis Gallien-Lamarche, à Nice

Propos recueillis par Jean-Alexis Gallien-Lamarche, à Nice

Il ne décolère toujours pas. Au lendemain des débordements causés par les supporters stéphanois à l’Allianz Rivera, le président de Nice, Jean-Pierre Rivère, en tire le bilan et annonce qu’il va «porter plainte, bien évidemment».

Quel est le bilan au lendemain de ces événements?
Le bilan est tout à fait secondaire comparé aux événements. Je sais qu’il y a de très nombreux sièges cassés, des stadiers et des supporters blessés. Mais je n’ai pas encore un état des lieux précis. Puis, pour moi, ce n’est plus le principal. Tous les jours, on se bat pour que des femmes et enfants puissent venir dans nos stades. Je ne peux donc pas accepter de tels comportements. Aujourd’hui, lundi matin, ce qu’il m’importe le plus, c’est d’éradiquer la violence dans le football. Surtout qu’hier soir, il y aurait pu avoir des incidents encore plus graves: quand on voit les photos avec le supporter suspendu dans le vide, heureusement qu’il n’est pas tombé. Vous vous imaginez un peu la gravité de la chose…

Quel sentiment avez-vous eu sur le coup en voyant ces violences?
Je suis monté très rapidement au PC de sécurité. J’ai constaté une violence sans limite: tout ce que l’on ne veut pas voir dans un stade ou ailleurs, on l’a vu en quelques minutes. C’est du grand n’importe quoi. A Nice, on veut garder un aspect populaire, festif de ce sport… Mais tout cela sans acte de violence. Concrètement, les supporters stéphanois ont été pris en charge dans le Var jusqu’à l’entrée du stade. J’ai lu les rapports de la police, vu des images. Je vous assure qu’il ne s’est rien passé, c’est une certitude. Il n’y a pas eu de caillassage des bus. Pourquoi ont-ils fait cela alors? Je me le demande encore maintenant. Mais sur le moment, c’est un sentiment de peine que de voir tout un travail accompli pour apaiser les stades et en arriver à de telles choses.

Cela va-t-il engendrer des coûts pour le club Azuréen?
Certainement qu’il va y avoir des coûts pour le club. Mais je n’ai pas encore calculé réellement et comme je vous l’ai dit, c’est quelque chose de secondaire aujourd’hui.

Y-a-t-il eu des fautes coté OGC Nice?
Il faut savoir que les forces de l’ordre (les policiers, les hélicoptères…) coûtent 88.000 euros au club. De ce côté-là, l’OGC Nice n’a rien à se reprocher. Ceci étant, une tribune visiteur, c’est comme une ambassade. Elle est gérée par les stadiers du club qui se déplace. Et eux seuls se chargent des supporters en déplacement. Nos stadiers, ceux de l’OGC Nice, n’avaient rien à faire dans la tribune visiteur, ce n’est pas leur boulot. Ce sont les supporters de l’ASSE qui ont décidé de franchir la barrière en plexiglas et d’aller à la rencontre de nos supporters, pas l’inverse…

Qu’avez-vous pensé de l’attitude et des déclarations des dirigeants stéphanois à la mi-temps?
Je ne jette pas la pierre aux dirigeants, cela peut arriver. Mais l’intervention de Roland Romeyer est déplacée. Surtout que Roland est un type bien mais l’entendre dire que les violences de ses supporters sont la faute de l’OGC Nice, cela est très dérangeant. Je lui ai d’ailleurs dis en face que je n’accepte pas ses propos. Quand on est dirigeant, il faut prendre un peu de recul, de la hauteur.

Que va faire le club?
On va bien évidemment porter plainte. Pour le reste, je ne peux encore rien dire.

Ces évènements donnent-ils une mauvaise image pour l’Allianz Riviera?
L’Allianz est un magnifique stade, il est sûr pour les familles et les enfants qui viennent voir un match, un spectacle. Je rappelle qu’il n’y a pas eu d’altercation avec les supporters niçois. Quand on voit des hordes de supporters venir dans les tribunes des supporters de Nice, on peut prendre peur.

Est-ce que le football est gangrené par les violences?
Le football n’est pas gangrené par les violences. Nous faisons beaucoup d’efforts auprès des supporters. Les clubs et les instances font aussi tout pour que le football change de visage. Mais il reste encore tant à faire dans les stades. Ce genre d’événements n’est pas un épiphénomène, cela revient quand même de façon récurrente. Mais on répondra là-dessus dans quelques semaines, on va gérer les choses les unes après les autres. Il va falloir prendre collectivement des décisions. Je ne sais pas s’il faut plus de policiers, plus de sanctions… A Nice, nous n’avons pas eu de problèmes avec nos supporters. Avec eux, nous discutons, nous échangeons. On bâti ensemble un projet, ils se sentent intégrés et cela marche bien comme ça.