Yohan Cabaye: «J’ai un peu joué ma vie sur ce match»
INTERVIEW – Le milieu de terrain de l’Equipe de France, brillant mardi contre l’Ukraine, revient sur l’exploit des Bleus…Propos recueillis à Tourcoing par François Launay
Ce fut sans doute l’un des meilleurs Français mardi soir face à l’Ukraine. Moins de 24 heures après s’être qualifié pour le Mondial avec les Bleus, Yohan Cabaye a passé son mercredi à Tourcoing. Invité à remettre des trophées du fair-play à son nom à la mairie de la ville, le milieu de terrain nordiste de Newcastle est revenu sur l’exploit des Bleus
Vingt-quatre heures après le succès contre l’Ukraine, quel est votre état d’esprit?
J’ai eu un peu de mal à réaliser. C’était vraiment une grande joie et aussi un grand soulagement car on était dos au mur. On a su réagir comme il le fallait et on a réussi ce qui était quasiment impossible à faire. En plus, on y a mis la manière. On a montré de grandes choses et on a joué avec lucidité. C’était le scénario idéal pour une soirée parfaite.
A titre personnel, vous avez aussi réalisé une grosse prestation…
Ça fait plaisir. J’étais ultra motivé et ultra déterminé car je n’étais pas entré sur le terrain au match aller. Même si c’est l’équipe avant tout, égoïstement j’étais un peu déçu. J’avais simplement envie de montrer que je n’avais pas envie de me faire éliminer. Comme Olivier Giroud l’a dit, j’ai un peu joué ma vie sur ce match.
C’est la plus belle émotion de votre carrière?
En équipe nationale, oui. Il y a aussi eu le doublé coupe-championnat remporté avec le Losc en 2011.
Réalisez-vous que vous allez jouer la Coupe du monde au Brésil?
Oui mais ce n’est que le début de l’étape qui va suivre. On continue à avancer et on attend avec impatience le tirage au sort pour pouvoir réfléchir à la façon d’aborder cette compétition. On a réussi notre premier objectif. Maintenant, on aimerait faire bonne figure au Brésil. Aller là-bas pour jouer trois matchs et rentrer à la maison, ça ne va pas le faire.
La venue de Jamel Debbouze à Clairefontaine dimanche soir vous a t-elle détendu?
Oui. Déjà le film qu’on a vu (La Marche) était vraiment adapté à notre situation. Il est passé au bon moment. Après, on est des êtres humains et la sincérité des propos d’une personne comme Jamel nous a touché. On a été ému par rapport à ça. On avait vraiment envie de jouer avec notre cœur et de ne rien regretter au final.
Les critiques entre les deux matchs vous ont-elle servi à vous motiver?
Oui. Ça a servi dans chaque esprit. Mais ces critiques étaient justifiées. Elles nous ont fait mal après le match aller mais ensuite elles nous ont aidés à aller chercher cette force. Comme les louanges peuvent parfois nous affaiblir, les critiques nous ont donné de la force et de l’énergie en plus pour pouvoir aller chercher quelque chose que personne n’attendait. Mais on n’a aucune rancœur par rapport aux critiques et aux journalistes.
Quelque chose s’est-il créé dans le groupe France mardi soir?
Je l’espère en tout cas. On voit qu’en jouant avec un état d’esprit quasiment irréprochable, on peut faire de très bonnes choses car on est un très bon groupe. On a joué comme une famille et c’est ça le plus important.
Pensez-vous avoir reconquis le public?
C’est important d’être tous ensemble. Sur le terrain, on doit aussi donner envie aux supporters de nous encourager. C’est sûr que nos matchs précédents ont été moyens. Mais quand on a tout un stade derrière nous, ça peut décupler nos forces. Le public a joué un vrai rôle mardi au stade de France et on les remercie pour ça.
La Marseillaise entonnée avec le public après le match était-elle préparée d’avance?
Sincèrement, non. Ca a été improvisé du début à la fin comme notre passage avec les bouteilles d’eau devant la presse (rires). Ca montre qu’on était tous contents et aussi fiers d’être français.



















