OM : Le Vélodrome est-il toujours un stade qui fout la trouille?
FOOTBALL – Face à Reims samedi, seule une légère bronca est tombée du stade après une 5e défaite consécutive de l’OM…À Marseille, Camille Belsoeur
Quelque chose aurait-il changé à l’OM? Alors que l’équipe phocéenne traverse une sale série de 5 défaites consécutives, son coach n’est toujours pas menacé et les supporters ne grognent pas, ou presque.
Dans la famille des suiveurs historiques de l’OM –journalistes, supporters mythiques, anciens joueurs -, on se plaît d’ailleurs à dire que le Vélodrome était plus dur avec ses joueurs «avant». Jeudi dernier, en attendant le discours d’Elie Baup lors de la conférence de presse d’avant-match de Marseille-Reims au centre d’entraînement Robert Louis-Dreyfus, de nombreuses bouches se plaisaient à susurrer que de «leur temps», la défaite face à Naples aurait été suivie d’une «bronca à faire saigner les oreilles».
Face à Reims, le troisième revers de rang de l’OM en Ligue 1 s’est terminé sous les lazzis. Guère plus. «Si l’indulgence a augmenté à Marseille, tant mieux pour le coach et les joueurs», nous explique Rolland Courbis. «Lorsque j’étais entraîneur, je me rappelle avoir entendu le stade gueuler "Courbis démission" alors qu’on avait tapé Troyes trois buts à zéro. Mais trois jours plus tôt, on avait perdu à Sturm Graz en Ligue des champions et malgré la qualification pour le tour suivant le public ne me l’avait pas pardonné. D’ailleurs de retour d’Autriche, on s’était fait bouger par des supporters mécontents à l’aéroport.»
«Le supporter marseillais a changé»
Cette tiédeur du Vélodrome ne plaît pourtant pas à tout le monde. Pour René Malleville, figure historique de Marseille et personnage haut en couleur à la fois vice-président d’un club de supporters et chroniqueur pour Le Phocéen, «le supporter marseillais a changé.» Et ce n’est pas un compliment. Face à Reims, «j’avais préconisé de siffler un peu pendant l’échauffement et surtout pendant l’entrée des joueurs. Les clubs de supporters et la sono du stade en avaient décidé autrement, ajoute-t-il. Le match terminé, quelques petits sifflets pour la forme, et le stade s’est tranquillement vidé, chacun allant vaquer à ses occupations.»
Mais s’il peut enlever de la pression à son équipe, ce Vélodrome moins volcanique qu’autrefois peut aussi être moins stimulant quand l’OM court après le score, comme contre Reims où le stade s’est endormi entre la réduction du score de Thauvin et l’égalisation de Gignac. Chaque fan de football a en tête ce légendaire Marseille-Montpellier édition 1999 où l’OM, mené à la mi-temps de quatre buts, l’avait finalement emporté dans un match de folie (5-4), porté par un Vélodrome qui tremblait sur ses fondations. Est-ce encore possible aujourd’hui?


















