Formule 1: «Pour beaucoup de monde, Red Bull reste un vendeur de canettes»
FORMULE 1 – Guillaume Navarro, rédacteur en chef du site spécialisé ToileF1.com, revient sur la domination de Sebastian Vettel et de l’écurie autrichienne…Antoine Maes
Il n’a que 26 ans, et déjà autant de titres (4) de champion du monde qu’Alain Prost. Au volant de sa Red Bull, l’Allemand Sebastian Vettel écrase la concurrence. La domination de l’écurie autrichienne et de son pilote sur la Formule 1 commence d’ailleurs à nuire sérieusement au spectacle. Guillaume Navarro, rédacteur en chef du site spécialisé ToileF1.com, revient sur cette situation embarrassante.
Sebastian Vettel fait-il du mal à la Formule 1 à force de la dominer autant?
On a déjà eu ce genre de débat à l’époque de Schumacher. Globalement, la question, c’est plutôt de savoir si ce n’est pas Red Bull qui tue le spectacle. Vettel, c’est juste le pilote qui prend le package qu’on lui fournit. Il n’a pas forcément le même capital popularité que d’autres pilotes avant lui, aussi parce qu’on a le sentiment qu’il a une voiture extraordinaire depuis ses débuts. Depuis le départ de Schumacher, l a F1 se cherche un nouveau super-champion, et c’est vrai que Vettel avait le profil. Ce qui fait un peu peur à tout le monde, c’est qu’il est encore très jeune (26 ans).
Chez les fans de Formule 1, quel est le rapport à Sebastian Vettel?
Il est ambivalent. Les deux premières saisons, il avait très peu de popularité. Et depuis deux ans ça commence à évoluer un petit peu. On commence à oser dire qu’on l’apprécie… Mais c’est plus facile de dire qu’on est supporter d’Alonso et de Ferarri. Vettel touche un public plus jeune que celui de la génération des Button ou des Hamilton. On a toute une génération qui a grandit avec ses succès.
Est-ce que c’est lui qui est lisse ou c’est Red Bull qui le cadre un peu trop?
Dans le paddock, il est très apprécié des journalistes. Il s’exprime librement, il est bavard, avenant. Il fait attention à bien se faire percevoir. Il parle un anglais absolument parfait. Il est fan d’une émission humoristique anglaise à la Benny Hill et il fait des imitations. Certes, il est un peu verrouillé par Red Bull, mais le premier besoin marketing de Red Bull, c’est d’abord la gagne.
Les fans de F1 lui reprochent-ils le manque de suspense?
On constate sur notre site une baisse de visite par rapport à l’année dernière. C’était beaucoup plus ouvert l’an passé. Cette année, Red Bull maitrise tout et a blindé le championnat. Il y a peut-être une lassitude qui s’installe. Mais si c’était Ferrari et Fernando Alonso, on aurait peut-être un phénomène complètement différent. Parce que Ferrari, c’est une religion, et que pour beaucoup de monde, Red Bull, ça reste un vendeur de canettes. Il y a un petit problème de perception, mais c’est un problème de riche, parce que leur exposition est gigantesque.
Qu’est-ce qui lui manque à Vettel pour avoir une image à la hauteur de son palmarès?
Un coéquipier qui est reconnu comme un grand champion. Ce ne sera pas le cas l’année prochaine puisque c’est Daniel Riccardo qui a été choisi, quand Ferrari aura Alonso et Raikkonen. Ensuite, il pourrait décider de se mettre en danger en changeant d’écurie. Mais il faut être réaliste: le but d’un pilote, c’est d ‘avoir les meilleurs résultats possible. Après, on parle d’une fascination réciproque entre Vettel et Ferrari, mais ça ne se fera pas avant au moins deux ans.



















