Taxe à 75%: La grève en Ligue 1 aura-t-elle lieu?

FOOTBALL Jeudi, les membres de l’Union des clubs professionnels se réunissent pour prendre position…

B.V.

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L'attaquant de Toulouse Martin Braithwaite contre Lorient (1-0) au Stadium, le 25 septembre 2013 lors de la septième journée de Ligue 1.
L'attaquant de Toulouse Martin Braithwaite contre Lorient (1-0) au Stadium, le 25 septembre 2013 lors de la septième journée de Ligue 1. — Frédéric Scheiber / 20 Minutes

La menace est-elle réelle? La semaine passée, les clubs de Ligue 1 et de Ligue 2, par l’intermédiaire de l’UCPF (Union des clubs professionnels) déclaraient vouloir se mettre en grève pour protester contre la taxe à 75%. L’Union, réunie en assemblée générale ce jeudi, pourrait décider de passer à l’acte. Impossible? Jean-François Fortin, président de Caen (L2) et membre du comité exécutif de l’UCPF, analyse points par points les arguments qui rendent une grève improbable.

Tous les clubs ne sont pas concernés
Seuls 15 clubs professionnels sur quarante sont concernés par cette taxe, et certains pour des sommes minimes (Guingamp et Ajaccio ne devront par exemple débourser que 50.000 euros). Pour être votée, une grève doit concerner la majorité des clubs.

La réponse de Jean-François Fortin: «Même si je ne suis pas concerné, je suis solidaire des autres clubs. C’est la rétroactivité qui me gêne: pour que la taxe soit appliquée, il aurait fallu que les clubs soit prévenus avant de signer les contrats. On est en train de modifier les règles en cours de match. De plus, pour que mes bilans de club de Ligue 2 soient équilibrés, je suis obligé de vendre des joueurs, souvent à des clubs de Ligue 1. Je n’ai pas d’intérêts à ce que demain, ils n’aient plus les moyens de recruter chez moi.»

Le grand public ne l’accepterait pas  
«La taxe est lourde, mais je trouve que l'idée d'une grève de club de foot ne correspond pas à une réalité qui serait perçue positivement par le grand public.» Sur Europe1, le président de la FFF Noël le Graët a affirmé qu’il ne croyait pas en cette grève, qu’il considère comme trop impopulaire.

La réponse: «Lorsqu’on parle de football, on ne parle que des joueurs qui gagnent des sommes phénoménales, des clubs friqués où l’argent coule à flot. Ça donne une idée au public des nantis qui gagnent des millions, et personne ne va s’émouvoir qu’ils soient taxés. Mais c’est oublier qu’une grande majorité ne gagne pas ces salaires-là. Si la décision est prise d’arriver à une mesure de grève, ça veut dire qu’en terme de communication, il va falloir faire comprendre au public que cette idée de football qui croule sous le pognon est fausse.»

Comme en 2010, c’est une menace en l’air
La menace d’une grève avait déjà plané sur la Ligue 1 il y a trois ans, quand Nicolas Sarkozy et son gouvernement avaient décidé de supprimer le droit à l’image des clubs, manne financière importante, avant que ces derniers ne se rétractent. Mais cette fois, c’est une question de vie, «un cri d’alarme plus qu’une menace», précise le président de l’OL, Jean-Michel Aulas. François Hollande, à l’origine de cette taxe, a d’ailleurs annoncé ce mercredi vouloir rencontrer les dirigeants du football français.

La réponse: «Globalement, si les clubs se révoltent, c’est qu’ils se trouvent dans une situation économique de délicate voire de très délicate. Tous les ans, on voit bien que les résultats économiques sont négatifs. Si vous leur rajoutez une taxation… Lors du DIC, Nicolas Sarkozy avait promis de compenser avec autre chose. Mais il n’a pas trouvé de formule, déjà à l’époque, la France n’avait plus d’argent.»