Florian Fritz, le capitaine Fracasse du Stade Toulousain

Nicolas Stival

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Le centre du Stade Toulousain Florian Fritz face à Castres, le 21 septembre 2013 au stade Ernest-Wallon de Toulouse.
Le centre du Stade Toulousain Florian Fritz face à Castres, le 21 septembre 2013 au stade Ernest-Wallon de Toulouse. — F. Lancelot / SIPA

Vendredi à Wembley, Thierry Dusautoir faisait son retour comme titulaire, lors du choc européen face aux Saracens de Londres, alors invaincus. Pourtant, malgré la présence du capitaine habituel du Stade Toulousain et de l’équipe de France, c’est Florian Fritz qui a conservé le brassard, pour la cinquième fois cette saison, afin de «laisser Thierry se concentrer sur son jeu», selon le manager général Guy Novès. Toujours aussi percutant en attaque et féroce en défense, le centre international (29 ans, 32 sélections) a conduit son équipe à l’exploit (16-17).

«Florian, c’est le mec par excellence avec qui on peut aller à la guerre», lâche le numéro 8 toulousain Gillian Galan, qui évoque un garçon «simple et humble». «Dans l’engagement mental et physique, il est souvent exemplaire, renchérit Jean-Baptiste Elissalde, l’entraîneur des trois-quarts stadistes. C’est un taiseux. Il n’est pas là pour faire de grands discours. Mais comme on ne l’entend pas beaucoup, quand il parle, tout le monde est attentif.»

Elissalde: «Il a gommé ses petites erreurs de jeunesse» 

Plutôt du genre rentre-dedans sur la pelouse, Fritz est un expert du cadrage-débordement devant les journalistes. Et pourtant, l’ombrageux Bourguignon a des choses à dire, selon Vincent Clerc. « Florian n’est pas uniquement dans l’investissement physique et dans le dépassement de soi, assure l’ailier toulousain, toujours convalescent. Il est très intelligent et comprend bien le jeu. On n’attend pas forcément de lui des énormes discours. Mais il est capable avant un match de prendre la parole et de dire des choses purement techniques et stratégiques.»

Longtemps, son tempérament volcanique lui a joué des tours, tant en équipe de France qu’en club, à l’image de son combo «carton rouge-doigt d’honneur au public» chez les Wasps de Londres, en 2011.  «Aujourd’hui, il est arrivé à sa pleine maturité, estime Elissalde. Il a gommé ses petites erreurs de jeunesse.  Il mérite d’être l’un des capitaines du Stade Toulousain (avec Dusautoir et Yannick Nyanga).» Et même si Fritz voit parfois encore jaune, comme le mois dernier à Montpellier pour un coup de poing sur Ouedraogo, il est vite absous. «Ce ne serait pas Florian sinon», sourit son entraîneur lorsqu’on évoque ces récents coups de chaud. «Il est nerveux, mais c’est aussi pour ça que c’est l’un des meilleurs centres du monde», ajoute Galan.

Vraiment? «Depuis deux ans au moins, il est au top de sa forme, en club comme en équipe de France, juge Clerc. Quand on voit ses matchs cet été en Nouvelle-Zélande, face à ce qui se fait de mieux, il a été plus que très bon. Il fait partie des tout meilleurs mondiaux.» Fritz aura une nouvelle occasion de le prouver samedi en Top 14 contre l’armada de Toulon, champion d’Europe en titre. Avec ou sans le capitanat.