Ligue des champions: Abou Diaby, la 35e blessure de trop?

Marc Nouaux

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Le milieu de terrain de l'équipe de France Abou Diaby, lors de la victoire face à la Finlande, le 7 septembre 2012.
Le milieu de terrain de l'équipe de France Abou Diaby, lors de la victoire face à la Finlande, le 7 septembre 2012. — F.Fife/AFP

Non, Abou Diaby (27 ans) ne sera toujours pas sur la pelouse de l’Emirates Stadium mardi soir avec Arsenal pour affronter Dortmund en Ligue des champions. Celui dont le talent indéniable aurait pu en faire le numéro un en France à son poste souffre toujours de ses blessures à répétition. La dernière en date: une nouvelle opération à un genou qui a déjà subi une intervention en fin de saison dernière après une rupture des ligaments croisés. Cela porte donc le total de ses pépins physiques à… 35! Cette fragilité physique empêche depuis des années Diaby d’endosser le rôle de successeur de Patrice Vieira qui lui était promis dans l’entrejeu de l’équipe de France et d’Arsenal.

«Il a subi une nouvelle chirurgie endoscopique au genou car celui-ci gonfle à chaque effort, a expliqué son manager chez les Gunners, Arsène Wenger. Il ne pouvait même pas trottiner. C’est une rechute. Il ne reviendra pas à la compétition avant mars.» Ce qui fera presqu’un an sans jouer pour lui. Autant dire que la Coupe du monde 2014, si qualification il y a pour l’équipe de France, devrait se faire sans Diaby. Même si son sélectionneur, Didier Deschamps, lui a glissé un petit mot de réconfort, pour dire qu’il pensait toujours à lui. «Je lui ai souhaité bon courage. Il lui en faut. Il faut de la patience aussi, pour pouvoir revenir au plus haut niveau. C’est ce que je lui souhaite.»

Un destin à la Louis Saha?

Cet enchaînement de tuiles suscite maintenant des interrogations à propos du futur de la carrière du milieu des Gunners. A l’image d’un Louis Saha, qui n’a jamais réussi à se remettre de sa fragilité physique malgré un talent indéniable, la fin de carrière de Diaby est-elle déjà condamnée? «Déjà, ce n’est même pas la peine de parler d’équipe de France aujourd’hui, juge Jean-Pierre Papin, qui suit la Ligue des champions en tant que consultant pour BeIn Sport. Il faut simplement qu’il redevienne un joueur de foot avant de penser qu’il pourra apporter quelque chose à la sélection.»

Dans une période où les Bleus manquent de talent et de solutions au milieu de terrain, l’absence de Diaby, un joueur technique et physique, capable de créer des brèches dans la défense adverse et de défendre, peut s’avérer préjudiciable. «C’est malheureux pour lui et pour nous, car en équipe de France, il aurait pu avoir sa place, estime JPP. C’est un gâchis pour lui. 35 blessures, c’est un truc de fou. Je ne dirais pas que c’était un grand talent, car ce serait le condamner, mais c’est toujours un grand talent qui pourrait être le patron des Bleus au milieu.» A défaut d’employer le passé, on a tout de même du mal à utiliser le futur pour le joueur d’Arsenal, qui se soigne en espérant que son corps le laisse enfin tranquille. Lorsqu’il reprendra, au printemps prochain, il aura déjà presque 28 ans.