Sakho: «Je n'ai pas envie de vivre dans l'ombre d'untel ou untel»

A Clairefontaine, propos recueillis par Romain Baheux

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 Mamadou Sakho le 8 octobre 2013.
 Mamadou Sakho le 8 octobre 2013. — MEUNIER AURELIEN/SIPA

Il est déjà de retour. Parti du PSG à Liverpool cet été pour retrouver du temps de jeu et l’équipe de France, Mamadou Sakho a réussi ses deux objectifs pour l’instant. Convoqué pour affronter l’Australie et la Finlande, le défenseur central raconte son adaptation au championnat anglais et évoque ses objectifs avec les Bleus.

Vous avez été applaudi par le public de Liverpool ce week-end, comment avez-vous vécu ce moment?
Ça m’a fait plaisir d’être ovationné, surtout que les débuts ont été compliqués. Il fallait un temps d’adaptation pour pouvoir bien communiquer avec ses partenaires, surtout en défense centrale où c’est très important. Ca a été assez rapide, il m’a fallu quatre-cinq matchs pour me mettre dans le bain et comprendre le style de jeu anglais.
 
Comment décririez-vous le championnat anglais?
Ça change du championnat de France. Le football est vécu d’une façon différente en Angleterre. Quand Liverpool joue, la ville s’arrête presque de vivre, c’est impressionnant. Dans le jeu, l’intensité est toujours très importante, que tu joues Manchester ou Crystal Palace.
 
Que connaissiez-vous de Liverpool avant d’y être transféré?
Je savais que c’était le club le plus titré de Premier League. Je suis très fier de porter ce maillot-là. Il y a un joueur très impressionnant, c’est monsieur Gerrard. Il est respectueux, calme, serein et il a un pied réglé comme une horloge. J’ai un peu de mal à comprendre son accent allemand parfois (ndlr: Steven Gerrard est pourtant anglais).
 
En-dehors du football, comment vous adaptez-vous?
C’est un très gros changement pour moi. Moi qui suis natif de Paris, je viens de prendre mon indépendance en quelque sorte. Je change de culture, de façon de vivre. Le style de vie anglais me plaît énormément.
 
En aviez-vous assez d’être constamment ramené à votre dimension de joueur marqué PSG?
Dans le football, on a tendance à oublier qu’on est des hommes. On utilise des joueurs pour leur image ou ce qu’ils représentent dans un club. J’ai voulu casser ce truc-là. A partir du moment où mon travail n’était pas récompensé, je me suis dit qu’il fallait partir. J’ai toujours assumé d’être le titi parisien et personne ne pourra le changer. Je n’ai jamais douté de moi et j’ai voulu aller prouver ailleurs que mes qualités étaient toujours là.
 
Pensez-vous avoir pris du temps du retard sur la concurrence en défense en équipe de France?
La concurrence n’est pas un problème pour tout joueur de haut niveau. Je n’ai pas du tout de retard. J’ai donné le maximum dans tous les matchs que j’ai faits en équipe de France. Tant mieux qu’il y ait du monde à ce poste, c’est bien pour l’équipe.
 
On suppose que participer à la Coupe du monde est l’objectif majeur de votre saison…
Je me suis donné des objectifs à atteindre chaque année. J’ai envie de progresser, je n’ai pas envie d’être dans l’ombre d’untel ou untel, je veux vivre ma carrière pleinement. J’aurais pu rester à Paris et partir gratuitement quatre mois plus tard mais personne n’achète mon plaisir de jouer. Le football est ma passion, j’ai toujours rêvé de faire ça.
 
Vendredi, vous allez retrouver le Parc des Princes contre l’Australie…
Ca va me faire plaisir de retourner au Parc. Quand j’avais huit ans, j’étais tout en haut, mon dos touchait le mur et je voyais les joueurs en tout petit, comme dans Football Manager. Ca va être sympa de retrouver ce stade avec les Bleus.