Soixante-six ultras mettent en demeure le PSG et la Préfecture de police de Paris

Antoine Maes

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Les drapeaux des supporters parisiens, le 13 mai 2013 lors de la célébration du titre de champion de France du PSG au Trocadéro à Paris.
Les drapeaux des supporters parisiens, le 13 mai 2013 lors de la célébration du titre de champion de France du PSG au Trocadéro à Paris. — Sipa

Si le week-end a été sensationnel pour le PSG, le début de semaine risque d’être un peu gâché. A peine rentrés de Marseille avec une victoire (1-2), les dirigeants du PSG ont trouvé ce lundi en début d’après-midi sur leur bureau une mise en demeure. Selon les informations de 20 Minutes, elle émane de 66 de supporters du PSG, dont une partie d'anciens membres des associations Ultras, qui ont décidé d’attaquer frontalement leur club en lui demandant de justifier le refus d’accès au stade Charléty, le 29 septembre dernier, lors d'un match entre l'équipe féminine du club de la capitale et l'OL.

«Ce qu’on veut faire, c’est faire respecter la loi» 

Ce courrier est la conséquence d’une longue série d’incidents. Rien que cette saison, le club parisien a interdit l’accès à ces supporters indésirables à Nantes, à Valenciennes, mais aussi à Coubertin (PSG Hand) et donc à Charléty (PSG féminin). «Ce qu’on veut faire, c’est faire respecter la loi, explique Pierre Barthelémy, l’avocat des ultras. On est d’accord pour que les forces de l’ordre et le club s’opposent à la venue d’éléments perturbateurs. Mais on veut que les gens qui font des chants revendicatifs mais respectueux puissent le faire, comme la loi les y autorise». 

«Depuis le départ des ultras, le prix des places à été multiplié par trois»  

Le fond du problème est là: la base légale sur laquelle le PSG et les pouvoirs publics justifient leurs décisions. Car les «bannis», qui ne sont pas tous interdits de stade, sont souvent inscrits sur la fameuse «liste noire». Une liste qui a valu une mise en demeure de la CNIL au PSG, en septembre dernier. «Ils n’ont aucun problème d’éthique, ils veulent juste trier leurs supporters, reprend Pierre Barthelémy. Je comprends qu’il fallait faire quelque chose après ce qui s’est passé (deux supporters sont morts en 2006 et 2010, ndlr). Mais ils utilisent le fait que ça ait dégénéré pour faire du tri commercial. Depuis le départ des ultras, le prix des places à été multiplié par trois». Ni le club, ni les pouvoirs publics n’ont souhaité commenter cette information pour le moment.