FC Sochaux: Comment les Lionceaux sont tombés si bas

Romain Scotto

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Les joueurs de Sochaux, lors de la défaite contre Guingamp, le 25 septembre 2013.
Les joueurs de Sochaux, lors de la défaite contre Guingamp, le 25 septembre 2013. — THOMAS BREGARDIS / AFP

La prime présidentielle promise en cas de début de saison réussi n’y a rien fait. Comme depuis trois ans, Sochaux a raté son envol en Ligue 1. Dernier avec deux points, le club a vécu un premier séisme cette semaine avec la démission de son entraîneur Eric Hély dans la foulée du revers à Guingamp (5-1). Après seulement sept journées, l’équipe du président Pernet regarde déjà vers le bas. Voici pourquoi.

Des jeunes mal encadrés. Comme tout club «familial», Sochaux s’est construit en glissant quelques cadres dans les pattes de jeunes joueurs talentueux. Mais ces dernières années, plusieurs trentenaires emblématiques du FCSM ont plié bagage. Résultat, «des jeunes comme Lopy ou Roussillon ne sont pas assez encadrés», déplore Michaël Isabey, parti en 2009, juste avant Pitau, Richert, Perquis ou Bréchet. «Des joueurs de club, expérimentés, qui n’ont pas vraiment été remplacés.» D’autant que les rares cadres présents dans l’effectif actuel (Kanté, Sauget, Roudet) n’ont pas tous réussi à s’imposer.

Un manque de financement. Depuis 2008 et la fin de l’ère Jean-Claude Plessis, Alexandre Lacombe, puis Laurent Pernet ont tous deux fait de la rigueur budgétaire un maître mot. Inutile de recruter avant d’avoir vendu, surtout dans un contexte économique plombé par les déboires de Peugeot, partenaire historique du club. Côté supporter, on regrette pourtant que plusieurs joueurs du cru aient été bradés. Le transfert de Boudebouz pour un million d’euros à Bastia reste une énigme lors du dernier mercato. Tout comme celui de Sloane Privat, lâché pour 1,5 million à La Gantoise. «Le prochain, il sera donné en échange d’un Twix et un Mars», s’emporte William Matter, représentant des «Crazy Lions», qui pourrait citer une dizaine de joueurs vendus au rabais. Parmi eux, un certain Ivan Perisic, international croate, meilleur buteur du championnat belge avec Bruges, passé par Dortmund et Wolfsburg. Un joueur formé à Sochaux qui n’a pourtant jamais porté ce maillot.

Des recrues en souffrance. Avec seulement quatre arrivées pour compenser onze départs, la balance des transferts est clairement négative chez les Lionceaux qui se reposent de plus en plus (trop?) sur leur centre de formation. Si Faussurier et Guerbert se sont bien intégrés, Mayuka et Boukari ont très peu joué. Dans le même temps, «les nouveaux du centre n’ont pas suivi», observe Isabey qui  a connu l’époque dorée des Pedretti, Mathieu ou Frau. Un temps où Sochaux enchaînait les finales de Coupes nationales et se permettait de corriger Dortmund (4-0) en Coupe d’Europe (en 2003).

Une ambiance pesante. Entre les transferts ratés (Corchia à Lyon) et les négociations de dernière minute (Boudebouz, Privat), l’effectif sochalien ne s’est dessiné que dans les dernières heures du mercato. «Ce n’était pas le cas avant où dès le début de saison, tout était ficelé au niveau du recrutement», poursuit Isabey. A l’entraînement, l’ambiance en aurait pâti. «Les mecs font la gueule. On l’a vu avec Sauget (écarté du groupe)», enchaîne William Matter qui s’imagine déjà en déplacement à Laval ou Châteauroux l’année prochaine (en L2). Chose rare au stade Bonal, des sifflets ont aussi été entendus lors du match de Lille. En attendant la nomination d’un nouveau coach, un seul motif d’espoir demeure dans le Doubs: l’arrivée de l’hiver. Les Sochaliens ayant l’habitude d’enchaîner les victoires sur terrain gelé et sous la neige.