Coupe du monde 2022: Une enquête révèle des cas d’esclavagisme dans les chantiers au Qatar

Le rédaction sport
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Capture d'écran d'une vidéo du Guardian sur les conditions de travail au Qatar
Capture d'écran d'une vidéo du Guardian sur les conditions de travail au Qatar — Capture d'écran 20 minutes

C’est une enquête qui risque de faire du bruit, et pourquoi pas de changer beaucoup de choses dans le monde du football. Alors que le Qatar est en train de construire ses stades pour accueillir la Coupe du monde 2022, le Guardian révèle l’existence de cas d’esclavagisme sur certains chantiers. Des travailleurs immigrés, souvent venus du Népal, seraient traités de manière inhumaine par des entreprises sous-traitantes qataries. Selon des documents récupérés auprès de l’ambassade du Népal au Qatar, au «moins 44 travailleurs seraient morts entre le 4 juin et le 8 août» sur des chantiers. Plus de la moitié seraient morts de crise et d’insuffisance cardiaque, et d’accidents de travail.

Il apparait aussi d’autres accusations:

- Travail forcé sur un énorme chantier de la Coupe monde

- Des défauts de paiements pendant des mois et des retenus de salaires pour empêcher les salariés de partir

- Des confiscations de passeports et non-délivrance de carte d’identité, faisant des travailleurs des immigrés illégaux

- Le refus de laisser les travailleurs accéder à de l’eau potable gratuite dans le désert

Une trentaine de Népalais se seraient retrouvés à l’ambassade du Népal pour chercher refuge. «Nous voulons nous en aller, mais les entreprises ne nous laissent pas», témoigne un travailleur népalais sur le chantier de Lusail City, une ville créée ex-nihilo et qui possèdera bientôt un stade de 90.000 places, où sera jouée la finale de la Coupe du monde 2022. D’autres racontent des conditions de travail absolument abominables: «On travaillait avec l’estomac vide pendant 24 heures, explique Ram Kumar Mahara. Quand je me suis plaint, le manager m’a agressé et m’a dégagé en dehors du camp de travail dans lequel je vivais, tout en refusant de me payer ce qu’il me devait.»

«L’enquête faite par le Guardian prouve clairement l’existence systématique d’un travail forcé au Qatar», a commenté Aidan McQuade, directeur de l’association internationale  antiesclavagisme. Le Guardian a par ailleurs publié plusieurs réponses officielles des autorités Qatariennes, notamment le ministère du travail ou encore le Comité d'Organisation de la Coupe du monde 2022, qui s'avoue « très préoccupé» par les accusations faites contre certains «entrepreneurs et sous-traitants sur le site de Lusail». 

La vidéo de l’enquête du Guardian se trouve ici