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La Pro A peut-elle bénéficier du titre de champion d'Europe des Bleus?

La Pro A peut-elle bénéficier du titre de champion d'Europe des Bleus?

BASKETLe championnat de France pèse peu à l'échelle européenne…
Romain Baheux (avec S. M. à Lyon)

Romain Baheux (avec S. M. à Lyon)

Dimanche soir, ils étaient plus de six millions devant leur poste de télévision à regarder Tony Parker et sa bande triompher des Lituaniens en finale de l’Euro. Ce mercredi, ils seront nettement moins pour regarder le Match des champions entre Paris-Levallois et Nanterre, opposition entre le vainqueur de la Coupe de France et celui du championnat. Sur la lancée du titre des Bleus, les responsables du basket français veulent profiter de l’effet Euro pour redynamiser la Pro A. «J’espère qu’on va faire le lien entre cette victoire et le championnat de France, avance Dominique Juillot, président du club de Chalon-sur-Saône. Mais ça ne se fera peut-être pas naturellement.»

Et pour cause. Sur les membres du cinq majeur tricolore, un seul, Alexis Ajinça (Strasbourg), évolue dans l’Hexagone. Venus jouer en France lors de la grève des joueurs aux Etats-Unis il y a deux ans, Tony Parker, Nicolas Batum et Boris Diaw continueront leur parcours en NBA la saison prochaine. «La difficulté, c’est que nos meilleurs joueurs n’évoluent pas en France, estime Pierre Vincent, entraîneur de l’Asvel et ancien sélectionneur de l’équipe de France féminine. Or, les gens vont voir les équipes et les championnats qui gagnent.» «On le prend positivement, on se dit que c’est une reconnaissance du basket français d’avoir nos joueurs à l’étranger, nuance le président de la Ligue nationale de basket Alain Béral. Il faut garder ceux qui partent dans des aventures européennes mais on ne peut pas lutter contre la NBA.»

«Il nous manque les entreprises du CAC 40»

En l’absence des stars nationales, le basket français va être confronté à ses problèmes chroniques. Des salles trop petites et vétustes, un niveau éloigné des exigences européennes et des moyens financiers limités, six à sept fois moins importants que les cadors continentaux. «A Chalon, les partenaires représentent 50% de notre budget de cinq millions d’euros mais ce sont des PME, poursuit Dominique Juillot. Il nous manque les grandes enseignes, les entreprises du CAC 40 ou du mécenat.»

Pour les attirer, encore faut-il avoir une médiatisation et une affluence en hausse. Problème, les salles des clubs de Pro A sont assez petites ou pas adaptées aux standards européens. Champion de France la saison dernière, Nanterre devra jouer sa saison d’Euroligue à la Halle Carpentier à Paris. «Pourquoi un investisseur qatari ou russe s’intéresserait à un sport qui attire peu de monde le samedi soir? s’interroge Hervé Beddeleem, directeur-exécutif de Gravelines-Dunkerque. Il faut des grandes salles pour le basket français, on a pris beaucoup de retard par rapport aux autres pays.» Et ça, ça ne se change pas en une soirée de folie en Slovénie.