Tour de France 2013: Victorieux à l'Alpe d'Huez, Christophe Riblon sauve les Français du zéro pointé

Romain Baheux

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Le Français Christophe Riblon, vainqueur au sommet de l'Alpe d'Huez le 18 juillet 2013.
Le Français Christophe Riblon, vainqueur au sommet de l'Alpe d'Huez le 18 juillet 2013. — JEFF PACHOUD / AFP

De notre envoyé spécial à l’Alpe d’Huez (Isère)

Le virage des Hollandais, qui tient son nom pour être le lieu où les supporters bataves s’entassent pour attendre leurs champions, a beau être le lacet le plus bruyant de toute la montée vers l’Alpe d’Huez, la station alpine est devenue propriété française. Après Pierre Rolland en 2011, Christophe Riblon a vaincu à son tour la redoutable montée. Et comme il y a deux ans pour le grimpeur d’Europcar, le coureur d’AG2R La Mondiale en profite pour ramener la première victoire tricolore du Tour. Rolland avait été le seul tricolore à s’imposer sur cette Grande Boucle, Riblon peut encore être imité par ses compatriotes même si les deux dernières étapes alpines rendront le doublé compliqué.
 
«Les coureurs français ont été pas mal décriés»
 
«Il faut savourer ces moments-là car on en bave toute l’année, sourit le jeune équipier (22 ans) de Riblon et actuel meilleur Français au général -17e-, Romain Bardet. Les coureurs français ont été pas mal décriés sur ce Tour parce qu’ils n’arrivaient pas à gagner d’étape. Là, on a une victoire après deux montées vers l’Alpe d’Huez et ça s’est joué à la pédale.» «C’est l’étape que tous les directeurs sportifs veulent gagner un jour, raconte son manager général Vincent Lavenu. C'est une juste récompense pour le Tour que l'équipe réalise.»
 
Vingt-quatre heures plus tôt, le patron de la formation AG2R La Mondiale traînait sa tristesse à côté du camion médical de l’organisation à l’arrivée du contre-la-montre à Chorges (Hautes-Alpes). Son leader Jean-Christophe Péraud, neuvième au général mercredi matin, venait d’abandonner après s’être fracturé la clavicule et plombait encore davantage un bilan jusqu’ici mauvais pour les Français. «Hier (mercredi) soir, on était complètement déboussolés, poursuit Bardet. On ne savait plus quoi faire, on venait de perdre Jean-Christophe pour qui on s’était battu jusque-là. Et ce matin, on nous a dit de repartir vers l’avant.» Echappé lors des deux dernières étapes en ligne, Riblon a réussi à forcer le destin et a sauvé ses compatriotes d’un douloureux zéro pointé.