Tennis: Marion Bartoli va-t-elle enfin séduire les sponsors?

WIMBLEDON Après sa première victoire en Grand Chelem...

Julien Laloye

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Marion Bartoli après sa victoire en finale de Wimbledon, le 6 juillet 2013.
Marion Bartoli après sa victoire en finale de Wimbledon, le 6 juillet 2013. — Tom Lovelock/AP/SIPA

Cinquante sept millions d’euros. Le chiffre vaut ce qu’il vaut, mais c’est à la louche ce que devrait rapporter à Andy Murray sa victoire à Wimbledon. En simples retombées pub et sponsoring s’entend, le chèque cadeau de l’ATP vient en plus. Pour Marion Bartoli, qui a triomphé chez les femmes? Un bon 200.000 euros, si la Française a bien négocié son bonus Grand Chelem auprès de Prince, son sponsor raquette, et de Lotto, qui affiche son logo sur ses tenues. La différence a un peu à voir avec le traitement du sport féminin, beaucoup avec Bartoli elle-même, explique Sébastien Cornet, l’agent de sa sœur Alizé. «Le retentissement de sa victoire est insignifiant à côté de ce qu’on aurait connu avec Tsonga. Après, c’est évident que l’image de Marion est ce qu’elle est, malgré une carrière impressionnante sur le plan tennistique.»

«Je ne suis pas blonde, grande et fine»

L’image en question? Celle d’une fille lunatique pas assez sexy pour les annonceurs et les sponsors, qui allait encore acheter sa tenue de la quinzaine pour Wimbledon en magasin il y a deux ans. «Pourquoi je n’ai pas de sponsors? Peut-être est-ce parce que je ne suis pas blonde, grande et fine», répondait-elle à l’époque avant que Lotto ne se manifeste. J'ai eu un contact avec une marque française fin 2007. Ils m'ont demandé d'expliquer mon projet, puis ne m'ont jamais rappelée.» Et ne devraient pas le faire de sitôt, au moins pour les gros poissons: Lacoste a choisi Alizé Cornet depuis ses 13 ans, Nike a misé sur Caroline Garcia et Adidas a préféré Kristina Mladenovic.

A déjà 28 ans et malgré sa septième place mondiale, Bartoli a laissé passer sa chance à ce niveau-là. Et un premier tour informel de quelques grandes marques françaises démarchés au hasard laisse très dubitatif sur ses capacités à rivaliser avec une Maria Sharapova et sa liste de partenaires longue comme ses jambes (Nike, Porsche, Samsung…). «La place est déjà prise», «On a décidé de ne plus fonctionner avec une égérie», «Nos produits sont mieux mis en valeurs par les blondes», voilà pour quelques réponses parmi d'autres...

«A-t-elle envie de travailler son image à ce stade de sa carrière?»

«Marion va forcément trouver un nouveau partenaire, c’est presque mécanique, nuance Sébastien Cornet. Mais pour combien de temps? Pour que sa cote décolle vraiment, il faudrait qu’elle gagne Roland-Garros en sauvant des balles de match. Ou alors qu’elle fasse un gros travail de communication sur son image, mais en a-t-elle envie à ce stade de sa carrière?» Pour elle on ne sait pas, mais pour celles qui vont suivre, c’est prévu. Marion Bartoli se verrait bien agent de joueuse à la fin de sa carrière. Pourquoi? «Le business du tennis féminin est étrange. Les sponsors ciblent certaines joueuses pour d'autres qualités que leurs résultats. Ils ne comprennent pas grand-chose au tennis».