Tour de France 2013: Pour Yannick Noah, Laurent Jalabert est victime d’«une forme d’injustice»
CYCLISME•L’ancien tennisman était invité par son sponsor sur la Grande Boucle ce mardi...Propos recueillis par Romain Baheux, à Nice
De notre envoyé spécial à Nice (Alpes-Maritimes),
Il prend place à la terrasse d’un bar et demande avec curiosité comment s’est passé le départ de la Grande Boucle en Corse. Venu assister, sur invitation de son sponsor Le Coq Sportif, au contre-la-montre par équipes à Nice ce mardi, Yannick Noah se définit comme «un fan de vélo». Attentif à l’actualité, l’ancien tennisman évoque également l’affaire Laurent Jalabert et le dopage dans le sport.
Pourquoi êtes-vous venu sur le Tour de France?
Je suis sponsorisé par Le Coq Sportif, qui est également sponsor du Tour de France depuis l’an dernier. J’ai toujours été fan de vélo et en particulier du Tour. L’an dernier, j’étais venu sur une étape et je m’étais éclaté. L’engouement autour de cette épreuve m’avait complètement halluciné. C’est la fête populaire par excellence, le moment où tout le monde se rassemble autour de cette épreuve.
Qu’est ce qu’évoque le Tour de France pour vous?
Quand j’étais môme, c’était Eddy Merckx. Après, je me souviens bien de la domination de Bernard Hinault. J’ai aussi eu l’occasion de passer pas mal de temps avec Laurent Fignon, avec qui j’ai joué au tennis et au golf. C’était un gars atypique, qui sortait de l’ordinaire. Il avait des opinions, un charisme fou et il était beau à voir sur le vélo.
Et plus récemment?
Je fonctionne plus au coup par coup maintenant. J’aime bien ce que fait Thomas Voeckler, ce qu’il tente en course et sa personnalité. Au-delà des victoires et des champions, j’aime surtout les mecs qui ont des aventures à raconter. Je l’aime bien, il sort un petit peu du lot.
En tant qu’ancien sportif, comment vivez-vous les révélations sur le dopage de Laurent Jalabert en 1998?
Il y a tellement de choses à dire. C’est un sujet vaste, qui touche tous les sports. Ce qui me fait mal au cœur, c’est quand on prend une personne et qu’on brise sa réputation. C’est ou tous ou personne. Il y a une forme d’injustice. Ca me paraît difficile d’en sortir un de temps en temps et quand en plus c'est quinze ans après, c’est un peu rude. Derrière, tu brises quelqu’un. Ce n’est pas normal qu’une personne paie pour tout un système.
En 2011, vous vous interrogiez sur la nécessité de «dérouler le tapis rouge» pour Alberto Contador…
Encore une fois, il ne faut pas parler d’une personne. Le but, c’est de ne pas s’en prendre aux hommes.
Y a-t-il une part de fatalisme vis-à-vis du dopage dans ce sport?
Fatalisme, ce n’est pas le bon mot. Je préfère hypocrisie, qui est plus proche de la vérité. A la fin, tu te dis quand même que la plupart partent sur un pied d’égalité et que ce qu’il reste, ce sont des belles courses et des gens qui ont du plaisir à voir la caravane passer. Il faut préserver ça.
Comprenez-vous les cyclistes qui se sentent stigmatisés?
Je pense que ça serait très intéressant de ne pas se limiter au cyclisme. Tu peux tout inclure: le football, le tennis, la pétanque, le golf… C’est un vaste projet. Parfois, il y a des effets d’annonce mais ce qui serait passionnant, ça serait de faire un rassemblement général des bonnes volontés qui ont véritablement envie de changer la donne.


















