Roland-Garros 2013: Où étaient-ils pour la victoire de Yannick Noah il y a 30 ans?
TENNIS – Le 5 juin 1983, Yannick Noah remportait Roland-Garros. Des personnalités se souviennent de ce jour pour «20 Minutes»…A Roland-Garros, Antoine Maes
C’était il y a trente ans, jour pour jour, et tout le monde n’est pas assez âgé pour se souvenir de ce moment. Mais ceux qui le peuvent en parlent encore avec une émotion rare. Le 5 juin 1983, Yannick Noah remportait Roland-Garros, en battant Mats Wilander. Aucun Français ne s’est depuis imposé à la Porte d’Auteuil. Ni dans aucun autre Grand Chelem, d’ailleurs. Souvenirs.
Jaques Séguéla (publicitaire) – «J’étais au stade, dans ma loge avec le patron de Citroën, je crois. Le stade était hurlant de peur et de joie, mais seulement à la fin, parce que jusqu’à la dernière balle, on n’y a pas cru. Le temps s’est arrêté. Yannick était beau comme un dieu, il volait, il ne touchait plus le court. On a l’impression de vivre un moment historique, pendant que lui redevient un gosse qui vient de gagner le sucre d’orge de sa vie. C’était pas un match, c’était une grand-messe.»
Guy Forget (ancien tennisman) – «J’étais dans un avion pour aller disputer un tournoi à Venise. Quand je suis arrivé en Italie, il était encore en train de jouer, je n’ai su le résultat qu’une ou deux heures après la fin du match. Je n’ai pas vu son match en direct, mais je l’ai revu une semaine plus tard. Mes parents avaient enregistré la rencontre et je l’ai regardée quand je suis rentré chez moi.»
Roschdy Zem (comédien) – «J’étais en famille, avec mes parents. Il n’y avait plus personne dans la cité, tout le monde était devant son écran. Je me souviens de Noah qui saute dans les bras de son père, ça m’avait vachement touché. Il crie “papa”, il jette sa raquette... On n’y croyait pas. Il y a trois grands moments sportifs pour moi. Le combat de Mohamed Ali à Kinshasa contre Foreman [en 1974], la victoire de Noah à Roland-Garros, et la finale de la Coupe du monde de foot 1998. Souvent, on associe les moments de sa vie à des événements sportifs, et celui-là est un vrai repère.»
Jean-Pierre Foucault (animateur télé) – «J’étais chez moi devant ma télé, à Marseille. J’étais avec ma fille, qui avait 10 ans. J’avais prévu de bloquer l’après-midi parce que c’était trop important. Je m’en souviens comme si c’était hier. J’ai écrasé une petite larme quand il est passé au-dessus du filet pour sauter dans les bras de son père. C’est une image unique. Je me souviens où j’étais quand il y a eu le premier pas de l’homme sur la lune. Et Yannick, tout le monde s’en souvient aussi. Et depuis, j’attends. C’est comme l’Eurovision avec Marie Myriam, en 1977!»
Richard Dacoury (ancien international de basket) – «J’ai vécu ça avec les 20 ans de Limoges cette année. Il doit en avoir marre qu’on le bassine avec ça, mais c’est quelque chose qu’il faut chérir. J’étais chez moi, devant ma télévision. Je suis un peu plus vieux que lui, je devais avoir 23 ans. Je l’encourageais comme une bête, parce que j’étais Français, et parce que j’admirais Yannick. Il me faisait rêver! Il était authentique, entier… C’était monsieur spectacle, et j’ai toujours aimé, dans le sport, les gens qui ont du relief. Je crois que j’ai chialé, pas forcément de la victoire, mais de voir sa réaction. Quelque part, on a un parcours qui peut se ressembler, on est issus tous les deux de la mixité, du métissage. On s’imaginait jamais que 30 ans après, il serait le seul à avoir gagné le tournoi.»
Laurent Gerra (humoriste) – «Je me souviens que c’était une période où j’avais toujours le rhum des foins. Donc j’étais enfermé devant la télé. Je dis toujours que Roland-Garros, c’est mon pic d’allergie. Pas le tennis hein! Je me souviens bien de Yannick, je n’en ai pas un souvenir particulier, mais je devais être chez moi ou chez des amis. J’avais 15 ans, normalement j’aurais dû réviser, mais je devais alterner entre les révisions et puis le match.»


















