Roland-Garros 2013: Pourquoi le public français soutient Federer… même contre les Français

A Roland-Garros, Antoine Maes

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Roger Federer à Paris durant Roland-Garros, le 3 juin 2013.
Roger Federer à Paris durant Roland-Garros, le 3 juin 2013. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Roland-Garros, court 4, lundi, à 16h30. Une bonne centaine de personnes sont installées dans les gradins exigus de ce court annexe. Aucun regard pour le match du premier tour du tournoi de double junior qui se tient derrière eux, à quelques mètres. Et pour cause: ils sont venus assister à l’entraînement du maître absolu du tennis, Roger Federer.

Le Suisse fait mentir la légende: il se pointe avec 45 minutes de retard. Mais ce n’est pas bien grave. Parce que «Roger, il a la classe». Ou alors parce que «Federer, c’est le plus grand». Une admiration qui se traduit pendant les matchs du Bâlois. Fait extraordinaire dans le monde du sport, il est au moins autant encouragé pendant ses matchs que les joueurs évoluant «à domicile» qu’il peut rencontrer. 

C’était le cas dimanche, contre Gilles Simon, alors même que le Français n’était pas loin de créer l’exploit. «J’aurais aimé avoir plus de soutien car si je ne l’ai pas là, je ne l’ai jamais», souffle le Français. Même un Rafael Nadal n’arrive pas autant à faire tomber les frontières, dans un domaine où le chauvinisme est pourtant souvent la règle. «Ça montre à quel point il a des fans partout mais il mérite d’avoir un soutien inconditionnel», relativise Simon. 

Mahut: «Avec Roger à Roland, le public est toujours partagé» 

Cela devrait encore être le cas contre Jo-Wilfried Tsonga, même si le Manceau bénéficie d’une côte de popularité un peu plus élevée que Simon. «Avec Roger à Roland, le public est toujours partagé, assure un autre Français, Nicolas Mahut, qui a constaté le même phénomène en Australie. Au début, le public est toujours 50-50, et puis à moment donné, quand il sent que c’est possible et que l’exploit n’est pas loin, il supporte le Français». 

Un esprit «tennix», par comparaison aux «footix», ces supporters venus sur le tard dans les stades. Ou alors, un vrai pouvoir d’attraction de Federer. «Il y a tellement de respect… Déjà parce qu’il parle français. Et puis parce qu’il a la classe. Tout le monde l’adore. C’est difficile d’être contre lui. Là honnêtement je pense qu’ils seront plus pour Jo, parce qu’ils se prennent à rêver d’un français qui gagne Roland», promet Nicolas Mahut. Et si ce n’est pas contre Federer, le soutien devrait être vraiment inconditionnel.