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Coupe d'Afrique des nations: Comment le Mali peut-il faire abstraction du contexte?

Coupe d'Afrique des nations: Comment le Mali peut-il faire abstraction du contexte?

FOOTBALLLe pays est en guerre, mais aussi en demi-finale de la CAN...
Bertrand Volpilhac

Bertrand Volpilhac

La guerre d’un côté, le foot de l’autre. L’équation n’est pas simple, mais elle réussit pour l’instant à la sélection du Mali, qualifie pour les demi-finales de la CAN face au Nigeria mercredi, malgré le conflit armé qui sévit dans le nord du pays. «Depuis que j'ai été nommé, j'ai toujours trouvé les joueurs exemplaires par rapport au maillot et ce devoir de patriotisme, racontait le sélectionneur français du Mali, Patrice Carteron, à l'AFP. Mais il faut être très vigilant et ne pas tout confondre non plus. Le football doit rester un jeu et mettre trop de pression sur les épaules des joueurs, ça ne les servirait pas du tout.»

Voilà où réside toute la difficulté d’un tel contexte. Trouver le bon dosage entre fierté nationale et préoccupation rongeant la tête et les jambes. Heykel Megannem, handballeur tunisien, se souvient que son équipe n’avait pas réussi à faire la part des choses lors du Mondial 2011, en pleine révolution dans son pays. «Ce n’était pas évident car tout le monde était connecté jour et nuit sur internet et au téléphone pour savoir ce qu’il se passait, décrit-il. Même lors des discussions à table, à midi comme le soir, on revenait sur le sujet. Ce n’était pas facile de se concentrer.»

«Participer à ce que se passe de positif dans le pays»

Son sélectionneur, Alain Portes, se souvient simplement «ne pas avoir réussi» à garder ses joueurs dans la compétition. «Quand les gens sont inquiets parce qu’il est dur d’avoir des nouvelles, c’est compliqué, analyse le coach français. On s’est même posé la question de savoir si on ne devait pas rentrer…»

Et dans ces cas-là, les discours ne suffisent pas forcément. «On a essayé de se reconcentrer sur le handball, de meubler les journées, témoigne Portes. On leur disait que la jeunesse tunisienne devait montrer qu’elle avait un visage séduisant et que derrière cette révolution, il y avait des gens biens.» Histoire de profiter sur le terrain de l’enthousiasme des joueurs. Ce que les Maliens ont réussi à faire pour se débarrasser au courage des Sud-Africains aux tirs au but en quart de finale. «A Tombouctou, il y a eu des scènes de joie à cause de la libération de la ville et de la qualification des Aigles, souligne Carteron. Les nouvelles sont très bonnes et les joueurs sont libérés de ce côté-là. Ils ont envie de participer à ce qui se passe de positif dans leur pays.»