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Vendée Globe: Sur Virtual Regatta, la course est virtuelle, mais la colère est réelle

Vendée Globe: Sur Virtual Regatta, la course est virtuelle, mais la colère est réelle

VOILEDans la nuit de mercredi à jeudi, un bug du jeu de navigation a handicapé des milliers de concurrents...
Antoine Maes

Antoine Maes

La nuit a été rude sur le Vendée Globe. Pas en mer, où les skippers n’ont rencontré aucun problème majeur. Non, si un vent de panique a déferlé sur la course autour du monde, les marins à en avoir souffert sont ceux qui sont installés chaque nuit devant leur ordinateur et qui défient Jean Le Cam et les autres sur Virtual Regatta, un jeu de simulation en ligne. Un énorme bug a en effet frappé le site de plein fouet à 20h, au moment où les 275.000 concurrents attendent les changements de vent pour grapiller quelques places au classement.

Quand le site est redevenu opérationnel, au milieu de la nuit, les dégâts étaient considérables. Et au petit matin, les commentaires transpiraient l’hystérie nocturne des utilisateurs. «Retournons au départ pour une Virtual Manifestation!». «Il faut un échouage massif». «Je propose une plainte collective en justice»… Les dirigeants de Virtual Regatta se sont fait secouer par un ouragan de reproches électroniques. D’autant que si on peut participer gratuitement, de nombreux joueurs ont acheté des options payantes dont ils demandent maintenant le remboursement.

«Il faudrait qu’on ait une plateforme qui soit supérieure à celle de la Société générale ou de Google»

Chez Many Players, la société qui chapeaute la course, l’ambiance était franchement morose, jeudi après-midi. «Les gens aiment tellement ce jeu qu’ils lui demandent un niveau de service qui va au-delà des services bancaires. Il faudrait qu’on ait une plateforme qui soit supérieure à celle de la Société générale ou de Google», peste Philippe Guigne, le fondateur du jeu, dont la voix chevrotante trahit un état de fatigue avancé. Quant à l’origine de la panne, il ne se l’explique toujours pas précisément. «C’est comme une Formule 1. Plus il y a de trafic, plus ça peut casser. Quand il y avait 10% de moins de trafic, c’était instantané et ça fonctionnait parfaitement», assure-t-il, redoutant déjà le prochain pic de fréquentation de 20h.

Retrouvez le blog de "Team20Minutes", le bateau de la rédac sur Virtual Regatta

En attendant, reprendre la course au moment où le bug a frappé Virtual Regatta n’est pas prévu. «En cas de cataclysme, il aurait pu être envisagé de faire un re-départ, mais on n’en est pas du tout là», assure Philippe Guigne. Au-fond, cet aléa technique a encore un peu plus rapproché Virtual Regatta du «vrai» Vendée Globe, dont les concurrents sont aussi soumis au hasard. «Marc Guillemot n’a pas fait exprès de perdre sa quille, nous c’est pareil. On est dans le cas des infortunes de mer», se justifie Guigne. «Très malheureux», il assurait pourtant avant le départ pourvoir supporter un million de joueurs. Au prochain accroc, ils seront sans doute beaucoup moins nombreux. Mais devant votre écran comme au beau milieu de l’océan, le risque zéro n’existe pas sur le Vendée Globe.

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