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Bafétimbi Gomis: «Il ne faudrait pas se mettre à dos notre public»

Bafétimbi Gomis: «Il ne faudrait pas se mettre à dos notre public»

FOOTBALLL'attaquant de l'équipe de France a ressenti une grande communion avec le public français après le nul en Espagne (1-1)...
Propos recueillis par Romain Scotto

Propos recueillis par Romain Scotto

Du canapé de supporter au terrain, Bafé Gomis a tout connu ces derniers mois. L’attaquant de l’Olympique lyonnais, qui pourrait profiter de l’absence de Benzema pour affronter l’Italie, sait donc parfaitement quelle est l’attente du public vis-à-vis d’une équipe de France en reconstruction. En termes d’image, le chantier est important. Mais les progrès sont déjà présents.

Y a-t-il pour vous une chance à saisir en l’absence de Karim Benzema?

J’ai un coup à jouer. Chaque fois que je viens en sélection c’est pour apporter ma pierre à l’édifice. Qu’il y ait Karim ou pas. Si je suis sélectionné au château (de Clairefontaine), c’est que le sélectionneur compte sur les 23 joueurs.

Quand Karim est là, vous sentez-vous d’office dans la peau d’un remplaçant?

Non, le foot va très vite. Il faut se tenir prêt. C’est vrai que Karim est l’atout et le fer de lance de notre attaque. De par sa qualité et tout ce qu’il a fait. Au club auquel il appartient. Après, on a la chance d’avoir un groupe de qualité, avec des attaquants qui marquent et ont leur mot à dire. Il y a un sélectionneur. On vient en équipe de France pour tout donner. Peu importe la hiérarchie. Il faut tout donner pour la patrie.

Qu’avez-vous retiré du match nul des Bleus en Espagne?

Chaque fois j’ai beaucoup d’émotion, notamment lors de la Marseillaise. Le scénario, le contexte, font que c’est très chaud, on était tous heureux. Ça montre le nouvel état d’esprit qui règne au sein de la famille bleu. Pour avoir pris les transports publics (il parle du TGV) à Lyon, j’ai vu que c’est toute la France qui a vibré. J’espère qu’on vivra d’autres moments forts, notamment lors de cette campagne au Brésil.

Vous avez pu réaliser l’impact de ce résultat auprès du public…

J’étais fier, on a vu des Français heureux qui ont vraiment vibré derrière leur écran. J’étais content parce que j’ai vu les dernières compétitions en vacances. J’étais à côté des Français et ils restaient sur leur faim. Là, le fait de prendre ces transports, j’ai vu qu’ils étaient contents, avec une équipe de France qui allait de l’avant avec de belles valeurs et des vertus.

Un seul match suffirait pour changer l’image de l’équipe de France?

Non, un travail est fait depuis un certain moment. Le coach a pris le relais, il a beaucoup insisté sur l’image qu’on devait avoir. Là je viens d’ouvrir la porte de ma chambre et sur la porte il y a des règles de vie. Les choses indispensables pour porter le maillot de l’équipe de France. On a un groupe nouveau avec pas mal de joueurs à intégrer. C’est ce qu’il faut retenir. Les victoires acquises sont venues nourrir cette ambiance. A nous de continuer avec le sourire, ça fait plaisir de se sentir soutenu par son public. La France est une grande nation du football, il ne faudrait pas se mettre à dos notre public.

Vous qui côtoyez Yann Gourcuff au quotidien, que peut-il apporter aux Bleus?

Ce qu’il peut apporter, le sélectionneur le dira. Il faut savoir ce qu’on attend de lui. Je suis bien content. Je le vois au quotidien. Il travaille beaucoup et a eu malheureusement beaucoup de pépins physiques. Ça l’a ralenti. Il revenait. Il m’a mis pas mal de passes décisives ces temps-ci. Ça va lui faire du bien de sortir du contexte lyonnais, fréquenter des personnes qu’il n’avait pas vues depuis un moment.

Le sentez-vous plus heureux en tant qu’homme?

Oui je pense. Le départ de certains cadres fait de lui un joueur qui peut prendre la parole. Il pense toujours collectif. Oui, je le sens plus épanoui dans sa vie d’homme, au club. Il y a pas mal de personnes qui sont là pour l’aider. Il a besoin de se retrouver auprès de personnes qu’il connaît. Il a besoin de se sentir aimé. C’est le cas à Lyon. Avec lui, je suis déjà allé boire un verre, manger, on a même fait du yoga ensemble une fois. Il faut le prendre comme il est, c’est un très bon coéquipier et un très bel ami.

Comprenez-vous la sanction infligée aux Espoirs fautifs?

On doit être solidaires entre joueurs. Ils peuvent ressortir grandis de cette histoire-là. La sélection c’est très important, mais je pense qu’ils ont un message à tirer. On a tous de la chance d’être des footballeurs. C’est le meilleur métier au monde. Mais l’erreur est humaine, ils l’ont bien compris. C’est juste une erreur de jeunesse.