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Bercy: Pourquoi Llodra peut aller au bout

Bercy: Pourquoi Llodra peut aller au bout

TENNISLe Français, tombeur d'Isner au deuxième tour, a un bon coup à jouer à Paris...
Julien Laloye, à Bercy

Julien Laloye, à Bercy

2012 n’aura pas été la meilleure saison de Michael Llodra sur le circuit. Retombé à la 121e place en simple, le Français a coupé avec le tennis après avoir ramené une médaille des JO de Londres, son objectif de l’année. Mais il a remis son jeu en place pour être compétitif à Bercy, et pour l’instant ça marche: Daniel Gimeno-Traver et John Isner ne lui ont pas pris un set. Llodra peut-il refaire le coup de 2010, lorsqu’il avait atteint les demi-finales à la surprise générale? Voilà quatre raisons pour lesquelles on peut y croire.

Llodra a bien préparé son coup

Si la naissance de son troisième enfant l’a beaucoup occupé depuis cet été, au point de «caviarder» un peu la tournée sur gazon, sa meilleure surface, Michael Llodra n’est pas venu à Bercy en touriste. Incapable de gagner plus de deux matchs sur le circuit depuis le tournoi de Marseille… en février, le Français est allé refaire ses gammes sur les challengers (Orléans, Mons, Rennes). «Cela m’a permis de remettre en place certaines choses dans mon jeu, notamment mes points forts que sont le service et la volée. En enchaînant les matchs en challengers, j’ai aussi retrouvé l’explosivité qui me permet de développer mon jeu vers l’avant.» Affûté comme jamais, Llodra a mis une pression incroyable sur le service –surpuissant- d’Isner avant de finir le match en boulet de canon (6-4, 7-6).

La surface lui convient

En 2010, Llodra, l’un des derniers serveurs-volleyeurs encore en activité, avait profité d’une surface ultra-rapide pour sortir Djokovic et se procurer une balle de match en demi-finale face à Söderling. Cette année, la résine de Bercy ne laisse pas filer la balle aussi vite, mais elle «écrase» les balles, ce qui convient parfaitement au pilier du double de l’équipe de France de Coupe Davis: «Le rebond est très bas et ça m’avantage car j’ai moins de balles à jouer qui me giclent à l’épaule. Et puis quand je pose une bonne volée, elle est dure à relever.» Poussé à comparer sa prestation contre Isner avec celle de 2010, au même stade de la compétition, Llodra ne se cache pas: «C’était encore meilleur. La surface est plus lente, il y a eu plus d’échanges et même quelques points de fou sur la fin. J’ai vraiment fait un très bon match.»

Le tableau est ouvert

Les forfaits successifs et la défaite surprenante de Djokovic face à Querrey mercredi ont drôlement éclairci le tableau de Llodra, qui peut espérer faire son trou à Bercy. A condition de se débarrasser de l’Argentin Del Potro, qui termine la saison en boulet de canon. Mais le Français ne part pas vaincu d’avance: «On s’est joués deux fois cette saison. A Marseille [en indoor] il avait été monstreux, je prends 6-4 6-4 et il ne me laisse aucune place. A Rome par contre, sur une surface censée l’avantager, je perds 7-5 au troisième et je manque un peu de chance sur certains points. Mais ça reste un super client.» Si l’Argentin trépasse? Resteraient sans doute Raonic et Tsonga sur la route de la finale. Rien d’insurmontable, donc.

C’est presque sa dernière occasion

C’était un secret de polichinelle mais Llodra l’a confirmé en début de semaine. 2013 sera sans doute sa dernière année pleine sur le circuit. Père de trois jeunes enfants, le Français entend profiter un peu plus de sa famille et se retirer petit à petit du circuit, au moins en simple: «Je ne sais pas encore ce que sera mon calendrier l'an prochain. Ce qui est sûr, c'est que je fais encore une année à fond en simple et en double. Puis je prendrai ma décision à la fin 2013, même si j'ai une petite idée.» Sur le papier, ça ne laisse donc plus que deux occasions à Llodra pour profiter de l’ambiance de Bercy. Il serait dommage qu’il gâche sa première cartouche trop vite.