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“Complètement Cramé !”, petits secrets de tournage d’un film très attendu

“Complètement Cramé !”, petits secrets de tournage d’un film très attendu

CINEMAL’adaptation du best-seller de Gilles Legardinier “Complètement Cramé !” sort ce 1er novembre sur grand écran. L’occasion de rencontrer l’auteur-réalisateur-scénariste pour lui poser toutes nos questions.
Complètement cramé production
Anne Guitteny - 20 Minutes Production
Anne Guitteny - 20 Minutes Production

Vous connaissez certainement Gilles Legardinier pour ses nombreux livres, en tête des ventes depuis des années. Alors que son dernier roman Mon tour de manège est en librairies depuis le 4 octobre dernier, l’auteur est passé derrière la caméra pour réaliser Complètement Cramé !, adaptation de son propre best-seller, en salles le 1ᵉʳ novembre (avec John Malkovich et Fanny Ardant). Auteur, co-scénariste, réalisateur et producteur associé, il nous en a parlé avec la passion qui le caractérise !

Le roman Complètement Cramé ! est sorti en 2012 : pourquoi y revenir plus de 10 ans après ? Pourquoi ce roman en particulier parmi toute votre bibliographie ?

On n’y est pas revenu dix ans après, on a mis dix ans à ce que le film se fasse ! Et ça n’est pas mon choix. Quand un livre fonctionne, vous avez des offres de grosses maisons. Une productrice, Christel Henon, est venue me voir. Elle voulait absolument adapter ce roman, car elle avait eu un coup de foudre. On a mis autant de temps parce que, pendant sept ans, les agents de John ont fait barrage. Ils nous faisaient croire qu’il ne voulait pas participer au projet. En réalité, ça ne les arrangeait juste pas qu’il tourne un film en France. Ils avaient bloqué le scénario.

On a attendu sept ans avant de joindre John. Pendant ce temps-là, je ne voulais être ni scénariste, ni réalisateur, mais les scénarios n’étaient pas bons, alors les producteurs m'ont demandé de m’impliquer. J’ai dit oui, mais à la condition de ne pas travailler seul. Et j'ai travaillé avec Christel, qui n’était pas scénariste, mais que j’ai formée. Pareil pour la réalisation : des réalisateurs ont été envisagés, mais Universal trouvait finalement plus cohérent que je devienne le réalisateur de ce film. Je me suis retrouvé dans une situation que je n’avais pas imaginée, pour mon plus grand bonheur. C’était juste génial, c’est un sacré concours de circonstances et je dirais même, avec le recul… une série de miracles !

De l'écriture de roman à l'écriture de ciné : quelles différences ?

Je suis un auteur heureux, je suis ce que j’écris, je suis sincère. Quand vous écrivez un roman, vous vous adressez à l'intériorité des gens, on ne parle que de sentiments. L’avantage de la littérature, c’est que c’est un miroir constant avec vos propres émotions et vous pouvez faire vous-mêmes vos images.

Au cinéma, d’abord, c'est un travail d'équipe. Et mon travail n’est plus d’écrire, mais de capter. Quand vous avez le sourire de Fanny ou de John, ça vaut des pages ! Je fabrique l'écrin dans lequel ces joyaux vont briller, ça se fait très naturellement. L’idée n’était pas de faire une transposition du roman, mais d’amener les gens au même sentiment à la fin du film qu’à la fin du roman. Mon ambition humaine était la même.

Vous avez réuni des acteurs éclectiques d'exception. Ce casting a- t-il été une évidence ?

Je suis un des seuls réalisateurs à avoir eu la totalité du casting entier dont il rêvait, malgré l’ambition, démesurée ! Ils sont tous venus pour l’histoire. Ils n'avaient pas joué ensemble, et ce mélange même me tentait. Fanny et John n'avaient joué qu’une seule scène ensemble dans leurs carrières respectives magnifiques, dans une version de Casanova. Ils étaient gourmands de jouer ensemble, parlaient souvent entre les prises. Is ont beaucoup travaillé, c’était vraiment génial. Quand ils jouent conjointement, ce sont deux fauves.

C’est une fierté ?

Une joie ! Dans cette vie-là, je vais avoir du mal à être fier de moi, mais le bonheur, j’essaie encore !

Aviez-vous déjà une expérience des plateaux ? Comment avez-vous appréhendé ce métier de réalisateur ?

J’ai quarante ans de cinéma derrière moi, j’ai fait quasiment tous les métiers. J’avais quatorze ans lors de mon premier stage, j’ai grandi sur les plateaux, j’étais un enragé. Le cinéma m’a toujours fasciné pour ce qu’il permettait sur l’écran et dans la salle : des gens qui se réunissent pour ressentir. Je trouve ça fort ! Les gens qui vont au cinéma vont chercher une émotion, de la détente, dans un monde difficile, et je n’ai pas envie de les trahir à cet endroit-là du tout.

Pour l'écrivain que vous êtes, qu'est-ce que ça fait de voir ses personnages prendre vie ? Est-ce difficile de laisser les acteurs prendre des libertés ?

Quand vous donnez votre roman, les gens s’en emparent et ils s’en font leur version. C’est comme un enfant, vous lui donnez tout ce que vous pouvez, et il en fait ce qu’il veut. Et c’est normal et génial ! Vous pouvez être l’étincelle de départ, mais vous n'êtes jamais la flamme d’arrivée. J’ai eu la chance de choisir ces interprètes, de les vouloir. Mon privilège aura été d’être le premier spectateur de ces acteurs et actrices fabuleux. Ce qu’ils ont fait des personnages, c’est exactement ce que je rêvais de voir. Moi, je ne suis plus auteur à ce moment-là, je suis le spectateur chanceux de sentiments que j’aime plus que tout.

Que diriez-vous aux spectateurs qui souhaitent aller voir le film et qui n'ont pas lu le livre ? Et à ceux qui l'ont lu, qui connaissent déjà l'histoire ?

À ceux qui connaissent l’histoire, je dirais que ce n’est pas une transposition. Le but était vraiment que les gens sortent du film dans le même état que le livre. Ils peuvent y aller en confiance, on n’a rien trahi. Et pour ceux qui ne le connaissent pas, j’aurais tendance à dire qu’au cinéma, on défend souvent des causes parfois très justes… mais moi, je défends la seule qui est absolument universelle, ce sont les solitudes qu’on traverse et dont on peut sortir, même si on croit que c’est trop tard.

C’est l’histoire d’un homme qui pense que sa vie est derrière lui et qui va se rendre compte, comme ça nous arrive souvent, qu’il a tort.

Pouvez-vous nous partager des moments marquants du tournage ?

Le tournage a duré neuf semaines. On a beaucoup rigolé ! John a plus parlé français sur ce film que sur la totalité des projets français auxquels il a participé. Il a beaucoup travaillé. Et en l’occurrence, c'est ma fille qui lui servait de coach. Non pas que je voulais caser ma fille, mais parce qu’ils se sont très bien entendus ! Entre les prises, elle lui apprenait la totalité des insultes françaises !

J’étais certain que Chloé était la bonne personne parce qu’elle a un niveau d’anglais excellent et qu’elle aime John, et qu’elle sait qui est John depuis le début. Et comme elle est l’une des personnes qui connaît le mieux le roman, elle pouvait répondre à toutes ses questions. Donc c’était un bon tandem, ils avaient une relation très touchante. Pour savoir où était John, il fallait chercher Chloé. Pour le père que je suis, c’était très émouvant de les voir.

Vous diriez que le tournage s’est très bien passé ?

Rien ne s’est bien passé (rires) ! On a tourné en Bretagne en hiver, on a trouvé le château (le décor du film) deux semaines avant le début du tournage ! On en a vu 122 et c’est l’avant-dernier qu’on a choisi.

On tournait en plein Covid, il y avait encore les pass demandés aux frontières, on ne savait si John serait autorisé à venir… c’était un cauchemar. Rien n’a été facile, on n’a pas été soutenu financièrement, il a fallu aller au Luxembourg pour trouver de l’argent. Mais je ne me plains pas, c’était bien. Humainement ça s’est fabuleusement bien passé, tout le monde était de bonne volonté. Quand finalement, vous trouvez votre place, tout ça n’est qu’un bon souvenir.

Est-ce que ça vous a donné envie de continuer dans cette voie de cinéma, de donner vie à d'autres de vos romans ?

Je n’ai pas de plan de carrière ! Si le public m’en laisse les moyens parce que le film est un succès, alors oui avec bonheur ! J'accepterai le sort. La vie fera de moi ce qu'elle veut, jusqu’à présent, elle a été plutôt clémente mais il faut se battre, rien n’est facile.

Quels sont vos projets ?

Ah, je pourrais passer ma matinée à vous conter tous mes projets, j’en ai dans tous les sens. Mon grand malheur est qu’une vie ne suffira pas !

Ce contenu a été réalisé par 20 Minutes Production, l’agence de contenu de 20 Minutes pour Universal