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Pourquoi les astronautes d’Artemis 2 amerrissent-ils dans le Pacifique ?

Artemis 2 : Pourquoi les astronautes amerrissent-ils dans l’océan Pacifique ?

plouf de l’espaceLa mission des astronautes d’Artemis 2, qui ont survolé la Lune lundi, se terminera samedi par l’amerrissage de la capsule Orion dans l’océan Pacifique, au large de la Californie
Artémis II en route vers la Terre après son survol historique de la Lune
Manon Minaca

Manon Minaca

L'essentiel

  • Les quatre astronautes de la mission Artemis 2 doivent revenir sur Terre tôt samedi matin en amerrissant dans l’océan Pacifique.
  • Une méthode et une zone qui ne doivent rien au hasard : l’eau absorbe mieux les chocs que le sol, ce qui rend l’opération moins violente pour les astronautes et permet à la Nasa de ne pas s’encombrer de systèmes de freinage lourds.
  • Amerrir dans l’océan Pacifique offre l’avantage de ne pas survoler des zones habitées et fait bénéficier à la Nasa du soutien de la base de San Diego, l’une des plus grandes bases navales militaires américaines.

Ça y est, Artemis 2, c’est fini. Après dix jours de voyage entre la Terre et la Lune et des photos incroyables, les quatre astronautes de la mission doivent revenir sur notre planète bleue tôt dans la nuit de vendredi à samedi. L’amerrissage de la capsule est prévu à 2h07 du matin (heure française) dans l’océan Pacifique, au large de San Diego, en Californie. Une procédure parfaitement maîtrisée par la Nasa, qui l’utilise depuis son tout premier programme spatial habité, Mercury, en 1961. On vous explique les raisons de ce choix.

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La sonde Orion de la NASA après s'être écrasée dans l'océan Pacifique.
**VIDÉO DISPONIBLE : CONTACTEZ [email protected] POUR RECEVOIR** La sonde Orion de la NASA après s'être écrasée dans l'océan Pacifique. - Petty Officer 2nd Class Melvin F / Sipa

Un atterrissage moins violent

Le premier avantage est sécuritaire : faire atterrir les astronautes au-dessus du Pacifique permet d’éviter de survoler des zones habitées. Cet élément est particulièrement important en cas de problème avec la trajectoire de la capsule ou d’éventuels débris.

Se poser dans la mer, plutôt que sur Terre comme le font les Russes qui rentrent de la Station spatiale internationale, offre aussi l’avantage d’un impact plus doux, l’eau absorbant une partie du choc. Dans le cas d’Artemis 2, Orion « touchera mer » à une vitesse d’environ 32 km/h, a indiqué la Nasa dans sa conférence de presse quotidienne. Quelques instants auparavant, la capsule est entrée dans l'atmosphère à plus de 38.000 km/h.

A titre de comparaison, lors de son retour de l’ISS en 2017, Thomas Pesquet avait atterri dans les steppes du Kazakhstan, sur le sol, donc, à environ 5 km/h. Une très faible vitesse rendue possible grâce à un système de rétropropulseurs, très lourd, dont n’a donc pas besoin Orion.

Une organisation plus flexible

Le choix de l’amerrissage est aussi stratégique : l’océan Pacifique, de par sa taille, permet des ajustements faciles de la zone d’atterrissage, notamment en cas de météo défavorable. Disposer d’une vaste zone de travail facilite également les opérations de récupération de l’équipage.

Côté météo, les conditions sont justement très prévisibles dans les zones choisies par la Nasa, élément crucial pour le bon déroulement des opérations. La proximité avec la base de San Diego, l’une des plus grandes bases navales militaires des États-Unis, offre aussi aux équipes de la Nasa un soutien naval non négligeable.

Une procédure bien rodée

Pour Artemis 2, la procédure est très au point. Une fois la capsule dans la mer et les vérifications de sécurité effectuées, ce sont des plongeurs qui ouvriront la porte d’Orion. Des « medics » entreront les premiers dans le vaisseau afin d’évaluer l’état de santé de l’équipage.

L’équipe aidera ensuite les astronautes à s’extraire de la capsule et à les transférer sur un grand radeau gonflable, appelé « perron ». La capsule sera remorquée et l’équipage transporté par hélicoptère sur l’USS John P. Murtha, un navire de débarquement de la marine américaine, dans les deux heures suivant l’amerrissage.

A bord, ils seront examinés par une équipe médicale, avant d’être ramenés par hélicoptère à terre, où un avion les emmènera jusqu’à Houston, au Johnson Space Center de la Nasa. Orion, pendant ce temps-là, sera embarquée sur le navire, qui prendra le chemin de la base navale de San Diego (Californie). Un programme bien riche et chargé… pour une mission qui l’aura été tout autant.