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Cette maladie qui n’existe pas a trompé l’IA et plusieurs scientifiques

Bixonimanie : Cette maladie qui n’existe pas a trompé l’IA mais aussi plusieurs scientifiques

TESTUne expérience menée par des chercheurs suédois a montré qu’une maladie totalement fictive pouvait être reprise par des intelligences artificielles puis citée dans de véritables publications scientifiques
20 Minutes avec agence

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Irritations des yeux, paupières assombries, effets supposés de la lumière bleue des écrans… Voilà les symptômes principaux de la bixonimanie, une pathologie régulièrement évoquée sur des contenus en ligne depuis 2024. Pourtant, la maladie n’existe pas. Elle a été entièrement inventée par une équipe de chercheurs suédois dans le but d’évaluer la capacité des intelligences artificielles (IA) à repérer de fausses informations scientifiques, a révélé la revue Nature.

À l’origine de l’expérience, la chercheuse Almira Osmanovic Thunström. Avec son équipe, elle a imaginé de toutes pièces un scientifique nommé Lazljiv Izgubljenovic, de faux profils et deux prépublications respectant un format académique. Avec ces éléments, ils ont publié des textes reprenant des termes médicaux qui décrivaient la bixonimanie comme une pathologie liée aux écrans, accompagnés de tableaux et de photos. Ces articles mentionnaient pourtant une université inexistante et une ville imaginaire.

Des références fantaisistes

On y trouvait par ailleurs des remerciements à un personnage de dessin animé, des références au Seigneur des anneaux ou à Star Trek. Une des études précisait même que les travaux qu’elle contenait étaient « totalement fictifs ». Rien de tout cela n’a empêché plusieurs chatbots populaires d’intégrer la bixonimanie à leurs réponses pendant de longs mois. Certains la présentaient comme une maladie crédible, allant jusqu’à associer des symptômes décrits par les utilisateurs à cette pathologie imaginaire.

L’affaire ne s’est pas arrêtée aux IA conversationnelles, qui ont depuis pris en compte que la bixonimanie n’existe pas. De véritables articles scientifiques ont ensuite cité ces faux travaux comme des sources légitimes. Certaines revues spécialisées ont ainsi dû retirer ou corriger des publications après la découverte de la supercherie, raconte TF1 Info. Pour les chercheurs à l’origine des fausses études, l’expérience illustre à la fois la confiance excessive accordée aux réponses générées par IA et le manque de vérification dans la recherche académique.