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Une centaine d’espèces animales anciennes et inconnues découverte en Chine

Vers, méduses… Une centaine d’espèces animales anciennes et inconnues découverte en Chine

bestiaireDes chercheurs ont fait une découverte « extraordinaire » dans une petite carrière en Chine. Celle d’une centaine d’espèces animales anciennes et inconnues ayant survécu à une extinction de masse il y a 500 millions d’années
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

L'essentiel

  • Des chercheurs ont découvert dans une petite carrière de la province du Hunan, en Chine, plus de 50.000 fossiles représentant 153 espèces animales, dont 91 nouvelles, datant d’environ 512 millions d’années.
  • Elles auraient survécu à l’extinction de Sinsk qui a fait disparaître près de la moitié des animaux.
  • Ces fossiles exceptionnels comportent des parties molles comme « des branchies, des intestins, des yeux et même des nerfs » et incluent des ancêtres de vers, éponges, coraux, méduses et arthropodes, « ouvrant une fenêtre sur ce qui a pu se passer » après cette extinction de masse causée par une baisse du niveau d’oxygène sur Terre.

Des créatures couvertes d’épines, des sortes de méduses… C’est une découverte « extraordinaire » qui vient d’être faite selon les chercheurs. Celle d’une centaine d’espèces animales anciennes et encore inconnues ayant survécu à une extinction de masse il y a 500 millions d’années. Ces trouvailles ont été faites dans une petite carrière qui fait « 12 mètres de haut, 30 de long et 8 de large », en Chine.

Bon, ne rêvons pas, il ne s’agit pas d’animaux aux dents acérées cachés au fond d’une grotte, mais c’est scientifiquement tout aussi spectaculaire. « Nous avons collecté plus de 50.000 fossiles », a expliqué Han Zeng, de l’académie chinoise des sciences.

Ce site situé dans la province du Hunan, dans le sud du pays, est « extraordinaire », a souligné l’auteur principal de l’article présentant ces découvertes et publié mercredi dans la revue Nature. Dans cette petite fosse, entre 2021 et 2024, les chercheurs ont découvert 153 espèces animales fossilisées, dont 91 nouvelles, un trésor qui offre un éclairage précieux sur un épisode mystérieux de l’histoire de notre planète, car ces animaux ont traversé une période où le développement de la vie s’est arrêté brutalement, racontent les scientifiques.

Han Zeng décrit « une expérience merveilleuse quand nous avons réalisé que ces animaux étaient juste là sur la pierre ». « Beaucoup de ces fossiles comportaient des parties molles, notamment des branchies, des intestins, des yeux et même des nerfs », a-t-il ajouté. Parmi les espèces découvertes figurent de lointains ancêtres des vers, des éponges, des coraux et des méduses. Les scientifiques ont également mis la main sur de nombreux arthropodes - une famille qui va de nos crabes actuels aux insectes - dont des créatures couvertes d’épines, aux yeux pédonculés appelées radiodontes, qui étaient les prédateurs suprêmes de l’époque.

L’ouverture « d’une fenêtre sur ce qui a pu se passer »

La vie est apparue sur Terre il y a plus de 3,5 milliards d’années, mais celle-ci n’était pas grand-chose d’autre qu’une couche de boue pendant la majeure partie des temps qui ont suivi. Puis est intervenu le Cambrien, connu comme le big bang de l’évolution, il y a environ 540 millions d’années.

Soudain, la plupart des groupes d’animaux que nous connaissons à notre époque ont évolué et ont commencé à peupler les océans du monde. Cela concerne également les vertébrés, dont feront finalement partie les humains. Cette explosion de vie a brutalement pris fin quand près de la moitié de tous ces nouveaux animaux a disparu il y a 513 millions d’années. Il est communément admis que cette extinction de masse, dénommée l’extinction de Sinsk, a été causée par une baisse du niveau d’oxygène sur Terre.

Les animaux retrouvés dans la carrière chinoise, sont datés d’environ 512 millions d’années, et ils représentent ainsi la première découverte majeure de fossiles mous ayant vécu juste après cette extinction. Ces fossiles – baptisés « biote de Huayuan » d’après le nom du comté où ils ont été découverts – « ouvrent une fenêtre sur ce qui a pu se passer », ajoute le chercheur.

Michael Lee, un biologiste de l’évolution du South Australian Museum, non impliqué dans la recherche, estime que « les nouveaux fossiles découverts en Chine démontrent que l’extinction de Sinsk a affecté plus gravement les eaux peu profondes ». « L’océan profond est un des milieux les plus stables à travers le temps géologique, de la même manière que la cave d’une maison est à l’abri des changements saisonniers et connaît moins de fluctuations de températures que le grenier », image Lee.

Vers une nouvelle extinction de masse ?

Han Zeng et son équipe ont également été surpris de trouver dans la carrière chinoise certains animaux déjà observés au Canada, sur le site des schistes de Burgess, qui date d’une période précoce de l’explosion cambrienne. Cela laisse supposer que ces animaux anciens étaient déjà capables de traverser les océans quasiment sur la moitié du globe.

L’extinction de Sinsk ne fait pas partie des cinq extinctions de masse qui ont jalonné l’histoire de la Terre. Cependant Han Zeng estime qu’il y a des preuves d’au moins 18 extinctions de masse dans l’histoire de la planète, plaidant pour que plus d’attention soit portée à ces évènements destructeurs. D’autant que les scientifiques ont déjà averti que la Terre traverse actuellement une nouvelle extinction de masse, causée cette fois-ci par les humains.