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De très vieilles traces de drogues hallucinogènes retrouvées au Pérou

Pérou : Il y a plus de 2.000 ans, les hommes consommaient déjà des drogues hallucinogènes, selon des chercheurs

étudeDes artefacts en os et en coquille contenant des traces de drogues ont été retrouvés dans une pièce cachée du site archéologique de Chavín de Huántar, au Pérou
20 Minutes avec agence

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Presque 2.500 ans avant l’ouverture de la première « salle de shoot » française, inaugurée en octobre 2016 à Paris, plusieurs occupants de Chavín de Huántar, un site archéologique situé dans le nord-ouest du Pérou, avaient déjà pour habitude de consommer des drogues de manière collective dans une pièce bien définie. Telle est la conclusion d’une étude de l’université de Floride publiée lundi dans la revue PNAS et rapportée par Live Science.

Pour parvenir à ces résultats, les chercheurs ont analysé 23 artefacts en forme de tubes, sculptés dans des os et des coquilles d’animaux, retrouvés dans une galerie scellée vers 500 av. J.-C. et rouverte lors de fouilles archéologiques menées en 2017. En effectuant une analyse des résidus chimiques qu’ils renfermaient encore, les scientifiques ont découvert que six d’entre eux contenaient plusieurs composés organiques, parmi lesquels de la nicotine, du tabac, et de la diméthyltryptamine (DMT), une drogue hallucinogène naturelle, notamment présente dans le thé ayahuasca.

Des inhalateurs artisanaux

« Les tubes auraient été utilisés comme inhalateurs, pour prendre le tabac à priser par le nez, explique Daniel Contreras, l’un des principaux auteurs de l’étude. Ils sont analogues aux billets enroulés par lesquels les flambeurs sniffent de la cocaïne dans les films ». L’analyse microbotanique a confirmé les premiers résultats, en détectant dans quatre artefacts la présence de racines d’espèces sauvages de nicotiana et de graines et de feuilles de vilca, une plante psychotrope. Les végétaux ont probablement été séchés, grillés puis broyés avant d’être mélangés à du tabac.

Selon les chercheurs, le fait que ces artefacts aient été découverts dans une zone à accès restreint tend à suggérer que la consommation de drogues était réservée à une élite. Les rituels de la culture chavín, qui a prospéré entre 1200 et 400 av. J.-C., soit environ un millénaire avant la naissance de l’empire inca, ne sont cependant pas connus avec précision, si bien que les archéologues estiment que d’autres études doivent être menées pour comprendre pleinement l’importance des substances psychoactives dans les Andes anciennes.