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Le Crêt de la neige n’est plus le point culminant du Jura dixit des mesures

Jura : Le Crêt de la neige n’est plus le point culminant, dixit des scientifiques

DécouverteDes chercheurs suisses ont remesuré les plus hauts sommets du Jura. Et un nouveau venu, le J1, détrône le Crêt de la neige
Thibaut Gagnepain

Thibaut Gagnepain

L'essentiel

  • Une équipe de l’université de Lausanne a procédé à de nouvelles mesures des principaux sommets du Jura et découvert que le Crêt de la neige n’était pas le point culminant du massif, qui serait plutôt le J1 avec une altitude de 1.720,83 mètres.
  • L’équipe a dû obtenir de nombreuses autorisations pour mener ces mesures dans la réserve naturelle nationale de la haute chaîne du Jura, et a pu s’y rendre le 2 juillet avec du matériel professionnel placé sur quatre sommets.
  • L’équipe a envoyé son rapport à l’Institut national de l’information géographique (IGN) pour confirmer ces résultats, et prévoit aussi de l’envoyer à la préfecture de l’Ain.

Une randonnée peut mener à… une découverte scientifique. Une équipe de l’université de Lausanne (Unil), en Suisse, vient de le prouver. Sous l’impulsion du professeur György Hetényi, elle a procédé à de nouvelles mesures des principaux sommets du Jura. Le résultat est inattendu : le Crêt de la neige n’est en réalité pas le point culminant du massif !

« L’été dernier, je voulais aller randonner dans ce secteur, mais les cartes IGN n’étaient pas claires », rembobine le chercheur. « Les altitudes des sommets changeaient. Je me suis donc décidé à me rendre sur place pour voir. »

Le début d’une petite aventure, car il a ensuite dû obtenir de nombreuses autorisations afin de mener à bien son travail. « Toute la zone se situe au sein de la réserve naturelle nationale de la haute chaîne du Jura », détaille György Hetényi. « J’ai dû les contacter, tout comme la préfecture de l’Ain et j’ai eu les autorisations en février. Mais nous n’avons pu y aller que le 2 juillet, car l’endroit est protégé de septembre à juin. »

Ce jour-là, avec trois de ses collègues de l’Institut des sciences de la Terre (ISTE), ils ont disposé leur matériel professionnel sur quatre sommets différents. « Le Crêt de la neige, une bosse à proximité qu’on a appelé J2, le Reculet et enfin le J1. » Deux GPS, avec antennes, étaient utilisés : le premier sur le J1 et un second qui a tourné entre les trois autres points culminants.

Un des GPS utilisés pour les mesures.
Un des GPS utilisés pour les mesures. - Université de Lausanne

Conclusion ? « Avec 1.720,83 mètres, la prééminence du J1 est très claire », annonce le professeur. « Le Crêt de la neige mesure, lui, 1.718,06 et le Reculet 1.717,14. Nous avons vérifié tout ça grâce à des logiciels de l’Institut national de l’information géographique (IGN) ». Qui a depuis eu le rapport de l’équipe suisse, « sans retour pour l’instant ».

« Nous allons aussi l’envoyer à la préfecture de l’Ain » prévoit György Hetényi, qui n’a pas prévu d’autres mesures dans d’autres massifs. Sinon, il risquerait de faire modifier quelques brochures…