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A l’ESA, une soirée entre tension et joie pour le premier vol d’Ariane 6

Premier vol d’Ariane 6 : Au siège parisien de l’ESA, une soirée historique entre tension et joie

Espace« 20 Minutes » a pu suivre le vol inaugural de la nouvelle fusée européenne depuis le quartier général de l’ESA, où chaque réussite a été ponctuée d’applaudissements et d’éruptions de joie
Manon Minaca

Manon Minaca

Au siège de l’Agence spatiale européenne, à Paris,

« 3, 2, 1, top ! » A des milliers de kilomètres de Kourou (Guyane), au siège parisien de l’Agence spatiale européenne (ESA), les visages se détendent et les acclamations fusent, mêlées aux applaudissements. Ariane 6, le nouveau bébé de l’ESA et de ses partenaires, vient de décoller pour la première fois, après dix ans de travail.

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La tension était montée d’un cran vers 20h45, quinze minutes avant le décollage. Devant les écrans qui retransmettent le lancement, dans l’immense salle qui regroupe 400 personnes – représentants du Cnes, de l’ESA, d’ArianeGroup, d’Arianespace, des forces armées et quelques personnalités politiques, notamment le ministre de l’Economie Bruno Le Maire –, les conversations vont bon train et le volume sonore monte d’un coup. Trop ? « Excusez-moi, merci de commencer à regagner vos places pour qu’on puisse entendre le décompte final, merci », demande une voix au micro.

Explosions de joie en série

A une minute du moment que tout le monde attend, grand silence. La salle retient son souffle. Le compte à rebours commence, plus que dix secondes. Quand le directeur des opérations annonce « décollage », le lanceur s’envole et des cris de joie se font entendre. Ce sera l’ambiance pendant plus d’une heure : à la séparation des boosters, à 21h02, applaudissements et acclamations. A la séparation de la coiffe, à 21h04, applaudissements et acclamations. A l’allumage du moteur Vinci de l’étage supérieur, à 21h08, applaudissements et acclamations, idem lorsqu’il s’éteint. L’ambiance se détend, les visages sont souriants.

A 21h56, les applaudissements sont plus nourris : le moteur Vinci vient de se rallumer. C’est une étape cruciale du vol car le rallumage de l’étage supérieur est une nouveauté à fort enjeu d’Ariane 6 : c’est lui qui permet de placer des charges utiles sur différentes orbites, un élément essentiel pour répondre aux nouveaux besoins du marché spatial.

« L’Europe est de retour »

22h06 : en parlant charges utiles, la première vague de satellites vient de se séparer du lanceur, encore sous les applaudissements. Une nouvelle réussite qui marque la fin de la retransmission, l’occasion de quelques prises de parole depuis Kourou.

Un silence religieux plane dans la salle quand Josef Aschbacher, le directeur général de l’Agence spatiale européenne, prend la parole : « C’est un jour historique pour l’ESA et pour l’Europe », salue-t-il, tandis que pour son homologue du Centre national d’études spatiales (Cnes) français, Philippe Baptiste, déclare que « l’Europe est de retour ». Nouveaux applaudissements à Paris, où la salle se vide : c’est l’heure du cocktail.

La salle ne se remplira plus de la soirée, malgré un problème technique sur l’APU, le générateur de puissance auxiliaire de l’étage supérieur, rencontré à la fin de la mission lors de la phase de démonstration en orbite. Il s’est éteint prématurément pendant un rallumage et n’a pas permis au moteur Vinci de se rallumer pour aller se désorbiter et libérer ses deux dernières charges utiles, comme c’était prévu. Mais pas de quoi enlever le sourire sur les visages à l’ESA, confirmant que la mission reste un franc succès.