Jeux vidéo : Comment la musique de « Zelda » a contribué au succès planétaire de cette licence
TA-DA, TADADADAA•La saga « Zelda » compte près de 2.000 morceaux (pour un total de 50 heures de musique)O.M. avec AFP
À l’occasion de la sortie du jeu Zelda : Echoes of Wisdom – disponible sur Switch le 26 septembre 2024 –, on peut se demander comment, en près de quarante ans d’existence, la musique de la licence Zelda est devenue l’une des plus emblématiques du jeu vidéo, remplissant des salles de concerts et inspirant des artistes…
Voici donc quatre éléments à connaître sur les plus de 2.000 morceaux (et 50 heures de musique) que compte la cultissime saga :
Le Boléro de Ravel
Pour le premier épisode, sorti en 1986, le compositeur japonais Konji Kondo souhaite utiliser le légendaire Boléro, du compositeur français Maurice Ravel, en guise de thème principal.
Mais l’œuvre n’étant alors pas encore tombée dans le domaine public, « il aurait adapté en une nuit une autre musique du jeu pour en faire le thème principal », explique Fanny Rebillard, autrice de La musique dans Zelda : les clefs d’une épopée hylienne (Third Editions).
Avec ses accents épiques, il s’inspire également de la musique d’Indiana Jones, composée par John Williams. Dans les différentes contrées traversées par le joueur, la musique adopte aussi des styles très différents, du flamenco à la techno.
Une touche de lyrique
Si, pour composer la musique de Super Mario Bros., autre grand succès de Nintendo, Konji Kondo s’inspire du jazz « pour rythmer la partie et inciter le joueur à avancer », selon Mme Rebillard, il cherche à insuffler dans la musique de Zelda quelque chose de « plus sérieux, plus lyrique ».
Dès le premier épisode de Zelda, l’éditeur sort un album arrangé pour synthétiseur de la bande originale du jeu, une démarche rare à l’époque pour ce genre de composition.
Un coup de « baguette musicale »
A partir des années 1990, la musique prend une autre dimension et devient partie intégrante de l’expérience de jeu. Ainsi, en reproduisant certains morceaux via des instruments récupérés lors de l’aventure, les joueurs peuvent se téléporter, changer la direction du vent ou faire apparaître des objets.
« Shigeru Miyamoto (le créateur du jeu) trouvait ça plus intéressant et beaucoup plus poétique de remplacer la bonne vieille baguette magique par un instrument de musique », explique Fanny Rebillard.
L’ocarina, instrument à vent japonais, donne ainsi son nom à l’épisode sorti en 1998 (The Legend of Zelda : Ocarina of Time), souvent considéré comme l’un des meilleurs jeux de tous les temps.
Tournée mondiale
Une tournée mondiale, nommée The Legend of Zelda : Symphony of the Goddesses, a cumulé plus de 150 représentations entre 2012 et 2017.
Selon le site internet sur la musique Pitchfork, le succès de cette tournée « a joué un rôle majeur dans la popularisation des concerts symphoniques de jeux vidéo ».
D’autres concerts dédiés aux thèmes de la saga remplissent régulièrement les salles de spectacles, où ils sont souvent joués par un orchestre symphonique devant des extraits du jeu.
Notre dossier « Jeux vidéo »« Le thème est totalement entré dans la pop culture », estime Fanny Rebillard, notamment parce qu’il peut être apprécié sans rien connaître du jeu. De nombreux artistes s’en sont ainsi inspirés, comme les rappeurs Kanye West et Soulja Boy, ou y font référence dans leurs textes, comme Nekfeu et PNL.


















