Une « marginalisation de l’être humain »… Plus d’une centaine de personnalités appellent au boycott de l’IA générative
TRIBUNE•Hervé Le Tellier, Annie Ernaux, Enki Bilal… 150 signataires appellent au boycott de l’IA générative20 Minutes avec AFP
Ils sont artistes, écrivains, cinéastes, avocats ou élus et veulent tirer la sonnette d’alarme. Plus d’une centaine de signataires ont lancé un appel à « boycotter » l’IA générative grand public, responsable selon eux d’une « marginalisation de l’être humain » par « les machines » dans une tribune publiée ce jeudi par Le Monde.
Parmi les 150 signataires figurent les écrivains Hervé Le Tellier, Annie Ernaux, Pierre Michon, Abel Quentin, l’ancienne ministre de la Culture Françoise Nyssen, les auteurs de BD Jul et Enki Bilal ou encore le biologiste Marc-André Selosse.
« Vive inquiétude »
« Sans attendre que le législateur bâtisse des digues, nous appelons au boycott de l’IA générative tous ceux qui ne sont pas contraints à l’utiliser », écrivent-ils. Les périls liés à l’IA générative grand public « ne sont pas la préoccupation d’une minorité obscurantiste ou paranoïaque », affirment-ils dans ce texte publié alors que l’IA a agité les débats au G7 et au salon VivaTech cette semaine.
« Quand tant de responsables politiques sont hypnotisés par les promesses » des robots conversationnels, « la population française exprime une vive inquiétude. L’adoption de cette technologie est certes massive mais elle prend largement la forme d’une adoption-répulsion », estiment-ils. Selon un baromètre du régulateur du numérique (Arcom) publié mardi, l’utilisation de services comme ChatGPT s’accélère chez les Français, en particulier chez les jeunes de 15 à 24 ans.
Bataille pour l’écologie
« Nous condamnons un projet de société fondé sur la marginalisation de l’être humain et la destruction de notre milieu de vie », écrivent les signataires. Car « utilisés de façon intensive par la jeunesse, les robots affaibliront ses capacités cognitives et créeront de redoutables dépendances émotionnelles », selon eux.
Retrouvez notre dossier consacré à l'IADe plus, « la frénésie autour de l’IA générative acte un renoncement clair dans la grande bataille de notre siècle : celle pour l’écologie », car « les milliards d’euros investis dans la construction de data centers sont un appel à la démobilisation générale », s’alarment-ils.


















