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Pourquoi la suspension d’Anthropic s’invite dans la présidentielle de 2027

« Guerre de l’IA », « colonie numérique »… Pourquoi la suspension d’Anthropic s’invite dans la présidentielle 2027

POLITIQUELe fleuron américain de l’IA a été contraint vendredi par son gouvernement de couper l’accès à ses modèles les plus puissants
Hakima Bounemoura

H. B. avec AFP

C’est une décision sans précédent. Le fleuron américain de l’intelligence artificielle Anthropic a été contraint vendredi par son gouvernement de couper l’accès à ses modèles les plus puissants (Fable 5 et Mythos 5). Invoquant un risque pour la sécurité nationale, Washington a ordonné, au titre du contrôle des exportations, de couper l’accès à ces modèles pour « tout ressortissant étranger, à l’intérieur ou à l’extérieur des États-Unis », y compris « les employés étrangers » d’Anthropic.

Cette injonction de suspendre l’accès de « tout ressortissant étranger » à des modèles d’intelligence artificielle a fait réagir ce samedi des poids lourds de la présidentielle française, alertant contre une « guerre de l’IA », et le besoin d’indépendance face aux États-Unis.

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« L’urgence d’être indépendants et souverains »

« Cette décision soudaine vient nous rappeler que l’intelligence artificielle est déjà un sujet de souveraineté nationale majeur », a estimé sur X Jordan Bardella (Rassemblement national), estimant comme d’autres responsables que « la France doit accélérer dans le soutien à la pépite Mistral AI (entreprise française) et à tout l’éco-système IA ».

« Depuis 2016, LFI classe le numérique comme nouvelle frontière de l’humanité et refuse que la France soit une colonie numérique des USA », a fait valoir pour sa part Jean-Luc Mélenchon. Pour l’insoumis, la décision de vendredi « prouve l’urgence d’être indépendants et souverains », même si elle est aussi un « règlement de comptes politique » du gouvernement américain avec Anthropic « partisan d’une IA éthique ».

« Nous sommes entrés dans un nouveau monde (...) où nous ne pouvons compter d'abord que sur nous mêmes », a également commenté le patron du PS Olivier Faure, appelant à « construire une vraie puissance européenne ».

Un risque « de vassalisation totale de la France »

« La guerre de l’IA a déjà commencé », a quant à lui jugé Gabriel Attal (Renaissance), évoquant un risque « de vassalisation totale de la France ». « Nous ne pouvons pas compter sur d’autres car cela nous rend vulnérables, la décision des États-Unis le montre. Anthropic est leur détroit d’Ormuz », a-t-il ajouté.

Washington « décide de soumettre le développement de l’IA à sa logique de puissance », a abondé Édouard Philippe (Horizons), soulignant que « nous ne maîtrisons ni les modèles, ni le calcul » de l’IA, infrastructure « aussi essentielle que l’électricité ou Internet ». Exhortant l’Europe à « se réveiller », le maire du Havre a appelé à privilégier les « marchés technologiques européens », ou encore à simplifier « des normes qui avantagent les big tech américaines ».

Une dernière mesure également prônée par le candidat de LR Bruno Retailleau, qui veut aussi « réorienter la commande publique vers des solutions souveraines », et « faire avec l'IA ce que nous avons fait avec le nucléaire (...) la penser comme une part de notre souveraineté ». Et le sénateur d'inviter le patron d'Anthropic, Dario Amodei, à s'installer en France : « Vous êtes les bienvenus à Paris ».