Arnaques en ligne : « Ce sont les jeunes qui sont avant tout victimes de la cybermalveillance »
sécurité•La forte présence en ligne des 18-34 ans en fait des cibles idéales pour les cybercriminels, relève le deuxième baromètre Ipsos digital sur la perception cyber des internautesEmilie Jehanno
L'essentiel
- Les jeunes constituent une cible privilégiée des arnaques en ligne, révèle le deuxième baromètre Ipsos digital sur la perception cyber des internautes.
- « Leur forte présence en ligne, la multiplicité de comptes et leur usage intensif des technologies en font des cibles idéales pour les cybercriminels », explique Diane Young, directrice départementale Ipsos digital.
- Mais les jeunes restent trop timides dans leurs réactions par rapport à leurs aînés
Qui est le public le plus visé par la cybermalveillance ? Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les jeunes constituent une cible privilégiée, révèle le deuxième baromètre* Ipsos sur la perception cyber des internautes, alors qu’en octobre s’ouvrira le cybermois, dédié à la sensibilisation à la cybersécurité. « Ce sont avant tout les 18-34 ans qui sont confrontés et victimes de ces cybermalveillances », souligne Diane Young, directrice départementale Ipsos digital.
Les jeunes ont grandi avec les réseaux sociaux, les smartphones, les services en ligne et les objets connectés. « Leur forte présence en ligne, la multiplicité de comptes et leur usage intensif des technologies en font des cibles idéales pour les cybercriminels », poursuit-elle.
Des réactions trop timides
Ainsi, 29 % des 18-34 ans déclarent avoir reçu un appel d’un faux conseiller bancaire, contre 8 % des 55-75 ans. De même, un jeune sur cinq a vu son appareil infecté par un virus ou a été victime d’un piratage de compte, de manière supérieur à leurs aînés. « Les faux conseillers n’appellent pas par hasard, explique Jérôme Notin, directeur général de cybermalveillance.gouv.fr, une plateforme créée en 2017 pour assister les victimes. C’est lié à une mauvaise pratique : c’est parce qu’une personne a cliqué sur un lien malveillant, SMS ou mail, et qu’elle a saisi ses données bancaires sur un faux site qu’elle reçoit cet appel. »
Le problème, c’est que les jeunes restent trop timides dans leurs réactions par rapport à leurs aînés en ayant moins de recours aux institutions, avec davantage d’auto-prise en charge, voire d’inaction. Seuls 17 % disent avoir alerté leur banque ou leur fournisseur et 36 % ont engagé une action auprès de leur établissement bancaire après une utilisation frauduleuse de leur carte, alors que les 55-75 ans sont deux fois plus nombreux à agir.
Des actes de cybermalveillance « trop peu reportés »
Cela peut s’expliquer aussi par « le rapport entre le montant perdu, qui peut être faible, et la charge que constitue les actions à entamer, souligne Diane Young. C’est encore trop peu reporté, ce qui n’aide pas non plus à garantir davantage la sécurité et la sensibilisation. » Elle dresse ainsi le profil d’une génération à la fois hyperconnectée, surexposée et insuffisamment outillée pour faire face à la cybermalveillance.
Dans la population générale, la moitié des Français et Françaises (54 %) dont la carte bancaire a été utilisée à leur insu ont engagé une action auprès de leur établissement. Le dépôt de plainte paraît souvent compliqué, bien qu’il existe une plateforme le 17Cyber, un outil de diagnostic en ligne qui permet d’assister les victimes dans leur démarche.
Mais une meilleure connaissance des menaces
Pour ce deuxième baromètre, les chiffres témoignent tout de même d’une « évolution sensible » de la connaissance des menaces, comme les termes spam, virus, hameçonnage, phishing ou piratage. Les Français et Françaises affichent également une meilleure compréhension des enjeux avec des gestes élémentaires de cybersécurité qui paraît s‘affirmer : 55 % déclarent utiliser des mots de passe complexes et uniques pour chaque service, 68 % faire des vérifications avant un achat en ligne.
Notre dossier sur la cybersécuritéPour améliorer les connaissances, le collectif Cybermois prévoit plusieurs grandes opérations en octobre en France, notamment une campagne dans les écoles pour sensibiliser dès le plus jeune âge.
* L’enquête Ipsos digital a été réalisée pour Cybermalveillance.gouv.fr du 16 au 26 mai 2025 juillet sur un échantillon de 2.000 Français de 18 à 75 ans.



















