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Mais où sont les Vélib' fonctionnels en ce moment ?

Pourquoi tout le monde cherche un Vélib' qui fonctionne en ce moment sur les réseaux

en roue libreDepuis plusieurs semaines, Vélib’semble tourner au ralenti. Stations vides, vélos hors service… Mais pourquoi est-il devenu si compliqué de simplement trouver un vélo ?
Victoria  Berne

Victoria Berne

L'essentiel

  • Depuis plusieurs semaines, de nombreux utilisateurs peinent à trouver un Vélib' en état de marche. Le service, pourtant très utilisé, semble en perte de fiabilité.
  • Selon l’Agemob l’organisme public qui gère le service, la fraude et le vandalisme explose.
  • Pour tenter d’enrayer la crise, l’exploitant Smovengo a recruté 16 personnes supplémentaires chargées de récupérer les vélos égarés.

C’est presque devenu mission impossible. Passant de station en station, le constat est le même : trouver un Vélib' fonctionnel devient de plus en plus compliqué. Station vide, batterie à plat, ou vélo cassé… Se déplacer grâce au service de vélo en libre-service francilien relève désormais du parcours du combattant. Sur les réseaux comme directement aux stations, les utilisateurs de ce service commencent à s’agacer.

Mais que se passe-t-il ? interrogé par le Parisien et Libération, Sylvain Raifaud, président de l’Agemob (organisme public qui gère les vélos partagés Vélib’), reconnaît que la situation a atteint un « seuil d’alerte ».

Un agacement grandissant

Sur les réseaux sociaux, les vidéos montrant des stations avec des Vélib' dysfonctionnels se multiplient. Certains comptes sur TikTok comme@mon.vlib.seraitil se sont même spécialisés dans ce genre de contenu, tournant la situation à la dérision. Mais si l’humour dédramatise la situation, la lassitude elle, gagne du terrain : « Parmi tous ces vélos-là, il n’y en a pas un seul qui marche » s’agace@jazz.l06 dans une vidéo sur les réseaux.

« Selon les statistiques de l’Agence des mobilités partagées (Agemob), l’autorité chargée de surveiller la bonne exécution de ce marché public, à peine 20 % des Vélib électriques contrôlés sont ainsi jugés conformes. » explique le média Libération. À partir des données open source du service, le quotidien a constaté une « chute brutal » du nombre de vélos disponibles ces dernières semaines.

Une vague de vandalisme

« En ce moment, il nous manque 3.000 vélos » témoigne Sylvain Raifaud. Un chiffre important quand on sait que le parc total est censé compter 20.000 Vélib’en circulation, répartis entre 40 % d’électriques et 60 % de mécaniques.

Comme expliqué au Parisien, cette pénurie s’explique dans un premier temps par la hausse important du vandalisme : près de 640 vélos sont dégradés chaque semaine, contre 230 auparavant. « Ce ne sont que quelques centaines de fraudeurs, mais ça suffit à mettre un système en l’air » explique le président d’Agemod.

Entre fraude à la carte bancaire, tuto sur les réseaux souciaux pour décrocher des vélos, c’est tout un système qui est sous tension. Car s’il manque un grand nombre de vélos, ceux disponibles sont beaucoup plus utilisés et donc plus rapidement défaillants. « C’est ce qui fait que vous avez des stations entières (avec) des vélos qui ne sont pas utilisables », et que « les usagers sont extrêmement frustrés ».

Des solutions en cours ?

« La première chose, c’est couper le robinet du vandalisme et de la fraude », pour Sylvain Raifaud. Pour cela, le président évoque un plan en deux temps : faire en sorte que la manœuvre avec l’opposition à la carte bancaire ne soit plus faisable pour stopper la fraude et meilleure surveillance autour des stations pour baisser le vandalisme.

« Il faut aussi retrouver tous les vélos égarés pour les remettre en service. Là-dessus, il y a 16 postes équivalents temps plein qui ont été recrutés en plus par Smovengo (l’entreprise chargée du déploiement des Vélib'). Ces personnes vont s’ajouter aux 500 qui travaillent chaque jour à la maintenance des Vélib. » témoigne-t-il à Libération.

Les tendances des réseaux décryptées

Mais ces efforts suffiront-ils à retrouver un service fonctionnel ? Car le paradoxe est cruel : jamais Vélib' n’a été autant utilisé. Avec + 16 % en 2025 par rapport à mai 2024, selon le Parisien, « Frôlant le cap des 500.000 abonnés, Vélib’enregistre d’ordinaire des pics d’activité entre mai et octobre, avec des journées à plus de 200.000 courses ». À l’heure où Paris mise sur la mobilité douce, c’est toute la fiabilité du service qu’il faut remettre sur pied… ou plutôt sur roue.