Mort de Jean-Marie Le Pen : « Je n’ai pas envie d’être un féminicide »… Une influenceuse menacée pour s’en être réjouie
cyberharcèlement•Comme d’autres internautes, l’influenceuse Sindy a affiché un certain enthousiasme en apprenant la mort du fondateur du Front national mardi. Depuis, elle reçoit des menaces de mort et assure avoir porté plainteC.d.S
Peut-on se réjouir de la mort de quelqu’un, s’est demandé 20 Minutes après l’annonce du décès de Jean-Marie Le Pen. De toute évidence, oui, à la vue des scènes de liesse qui ont rassemblé des opposants à l’extrême droite mardi soir en France. Sur les réseaux sociaux aussi de nombreux internautes ont fait part de leur joie de voir disparaître pour toujours le fondateur du Front national. Parmi eux, Sindy, une influenceuse qui a partagé plusieurs publications sur son compte X à cette occasion. De simples partages qui l’ont poussée aujourd’hui à porter plainte. Contacté par 20 Minutes, le parquet concerné n’a pas répondu à notre demande de confirmation.
« Ta mère devrait avoir honte de t’avoir mise au monde » ; « Sale déchet de l’humanité » ; « Toi aussi tu vas mourir »… « C’était avant tout un humain », justifie l’expéditeur de ces missives, faisant référence à Jean-Marie Le Pen. Chaque jour depuis le 7 janvier, Sindy reçoit des messages de haine et surtout des menaces de mort. D’après les captures d’écran qu’elle a partagées, un certain Jérôme M. l’a contactée sur son mail professionnel, dont l’adresse est publique.
« Tout ça parce que j’ai retweeté des posts drôles sur la mort de Jean-Marie Le Pen, j’ai le droit d’avoir des opinions et je ne devrais pas être menacée pour ça », estime la jeune femme qui a déjà connu du cyberharcèlement. « Au départ, je m’en fiche un peu mais au bout du deuxième mail, les menaces se font très véhémentes, plus que d’habitude », souligne-t-elle. Victime en 2021 d’un home-jacking, Sindy commence à « prendre peur » - « on peut tout trouver sur Internet, notamment mes données personnelles »- et se barricade. « Je ferme les volets et j’évite de sortir le temps que ça se calme. »
Plainte déposée
Le discours fleuri sans finesse de son harceleur, pénalement puni de trois ans d’emprisonnement et à 45.000 euros d’amende, est particulièrement agressif. Introduisant ses propos par des objets aussi évocateurs que « honte à toi salo*** » ou « mort prochaine », il lui promet de la « poignarder à mort » pour qu’elle se « vide de [son] sang » qu’il entend ensuite boire pour le « recrach[er] sur [son] corps inerte ». Au troisième message, le nom de l’émetteur change pour le subtil pseudo « JM Thekiller », mais la manière d’écrire et le vocabulaire reste dans la même trempe. Assurant n’avoir « rien à perdre », celui qui se présente comme un futur agresseur affirme avoir « plein d’autres personnes » sur sa « longue liste ».
Mère de famille, Sindy exprime son inquiétude à ses abonnés et annonce avoir prévenu la police dès le lendemain du premier message. Jeudi, elle partage une image du procès-verbal pour prouver qu’elle s’est rendue au commissariat. « J’ai été prise au sérieux. J’ai demandé à combien évaluer le niveau d’inquiétude sur une échelle de 1 à 10, on m’a dit c’est très inquiétant », détaille la jeune femme.
Un deuxième cyberharceleur
« Sache que les policiers ont d’autres chats à fouetter », continue l’auteur des menaces qui lui a envoyé un nouvel email en fin d’après-midi ce vendredi. Si Sindy « garde le moral » soutenue par son compagnon et se recentrant sur sa fille et sa famille, elle indique qu’une « autre personne a commencé cette nuit [à lui envoyer des messages], c’est plus du spam de pression ».
Notre dossier cyberharcèlementFace aux nouveaux mails de menace reçus, l’influenceuse avoue : « Je souhaite qu’on l’arrête, je n’ai pas envie d’être un féminicide ». Elle poursuit : « Je fais déjà des cauchemars de ça, je sursaute quand ça sonne, le trauma du cambriolage est totalement réveillé. » Sindy doit retourner ce vendredi voir les forces de l’ordre.


















