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« Kaizen », la vidéo d’Inoxtag sur l’Everest, provoque aussi les critiques

« Kaizen » : La vidéo d’Inoxtag sur l’Everest provoque aussi les critiques

BuzzMalgré un démarrage record sur YouTube, le documentaire fait aussi l’objet de plusieurs reproches sur sa mise en scène du dépassement de soi
Quentin Meunier

Q.M.

Vendredi au cinéma et samedi sur YouTube, le créateur de contenus Inoxtag a sorti Kaizen, sa vidéo documentaire retraçant son ascension du mont Everest. La vidéo a réalisé l’un des meilleurs démarrages pour les vidéos francophones et affiche ce lundi plus de 17 millions de vues. Il y a même eu 232.000 tweets publiés sur Inoxtag en trois jours selon la plateforme de veille Visibrain, soit 60 fois plus de messages que d’habitude.

Et si une bonne partie des commentaires sont dithyrambiques ( « Ce documentaire on en parlera encore dans 10 ans ! », peut-on lire sous la vidéo YouTube), d’autres internautes sont plus sceptiques. Simples jaloux ou contrepoints justifiés qui relativisent l’image renvoyée par ce projet ? 20 Minutes fait le point sur les critiques récurrentes.

Le recours aux sherpas

L’une des critiques faites à Inoxtag est son recours à l’aide de sherpas pour gravir l’Everest. Ces porteurs et guides de haute montagne appartiennent en majorité au groupe ethnique du même nom, vivant dans l’Himalaya. Plusieurs personnes ont rappelé que, selon The Himalayan Database, un tiers des morts sur l’Everest sont des sherpas.

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Le recours à leurs services est néanmoins loin d’être nouveau : ils ont accompagné les premières expéditions au début du XXe siècle. Et, ce métier peut être très lucratif au Népal. Le chiffre exact varie selon les sources, mais selon un article de nos confrères de France Inter, un guide qui accompagne une équipe jusqu’au sommet peut gagner l’équivalent de 3.600 euros par saison, plus de deux fois le salaire annuel du pays. Mais ce chiffre descend pour les simples porteurs, et masque les énormes dangers de la traversée.

Un appel à la déconnexion hypocrite ?

Une des grandes morales de l’histoire de Kaizen se trouve dans le besoin d’Inoxtag de se déconnecter des écrans. Un message que certains internautes ont trouvé hypocrite, puisque le métier d’influenceur repose sur la monétisation du temps passé sur les réseaux sociaux. Autre détail qui a fait grincer des dents : la présence, parmi les sponsors de cette ode à la déconnexion, de l’opérateur de télécom Orange.

Des collaborations commerciales mal indiquées

Cette sponso Orange a fait l’objet d’autres critiques. En tout, une petite dizaine de marques apparaissent dans la vidéo. Or, la mention de collaboration commerciale n’apparaît pas clairement. « Merci à mes partenaires air up, Nike, […] Therm-ic de m’avoir accompagné et soutenu dans ce projet fou ! », écrit Inoxtag dans la description. La loi dite « loi influenceurs » de 2023 demande plutôt l’emploi de « publicité » ou « collaboration commerciale ».

Le journaliste indépendant spécialiste des influenceurs, Vincent Manivene, note aussi sur X qu’une mention « communication commerciale » n’a été ajoutée que plus tard à même la vidéo YouTube, dans la journée de dimanche.

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Un délire de riche « égocentré » ?

Reste un dernier point clivant, presque politique : diffuser au cinéma deux heures et demie de vidéo de soi qui monte l’Everest, est-ce une forme d’ego trip ? Dire à un public (plutôt jeune) de croire en ses rêves et de se donner les moyens de les accomplir quand on a soi-même un budget de plusieurs millions, est-ce bien raisonnable ? « À son annonce, j’avais dit que ça n’avait pas d’intérêt et que c’était une catastrophe, commente à L’Équipe Pascal Tournaire, alpiniste qui a lui-même gravi l’Everest en 1990. Si on se donne les moyens, c’est accessible à n’importe quelle personne en bonne santé qui se botte un peu les fesses. […] Et puis c’est très « égocentré ». Les trois quarts du film, c’est : ''Regardez mon nombril'', ça ne va pas plus loin. »

Dans un tweet, Inoxtag a répondu à demi-mot à certaines de ces critiques. « A chacun son Everest, à chacun son propre rêve. L’important, c’est simplement d’essayer devenir meilleur qu’hier, écrit le vidéaste aux 8 millions d’abonnés. […] J’ai pu faire tout ce que j’ai fait grâce aux réseaux sociaux, mais cela devient une drogue pour nous tous. Le message, ce n’est pas d’arrêter, mais simplement doser les choses. »