Publicité ciblée : l’UE estime que Meta viole les règles sur les données personnelles, et l’amende pourrait être salée
RGPD•La sanction financière pourrait s’élever à 10 % du chiffre d’affaires de l’entreprise, soit plus de 12 milliards d’euros20 Minutes avec AFP
L’UE a ouvert la voie lundi à de lourdes sanctions financières contre Meta en estimant que le champion des réseaux sociaux ne respectait pas les règles européennes d’utilisation des données personnelles pour la publicité ciblée.
Meta est contraint de demander le consentement des utilisateurs afin de pouvoir combiner des données issues de ses différents services, à des fins de profilage publicitaire. Pour s’y conformer, le groupe américain a proposé aux utilisateurs de ses plateformes Facebook et Instagram un abonnement payant qui permet d’éviter d’être ciblé par la pub. En revanche, s’ils souhaitent conserver un service gratuit, ils doivent consentir à livrer leurs données.
« Meta a forcé des millions d’utilisateurs à travers l’UE à faire un choix binaire : payer ou consentir. Selon nos conclusions préliminaires, il s’agit d’une violation » du règlement sur les marchés numériques (DMA), a déclaré le commissaire au numérique Thierry Breton, sur X. Le DMA, entré pleinement en application début mars, « est là pour redonner aux utilisateurs européens le pouvoir de décision sur leurs données », a-t-il souligné.
Meta affirme de son côté que son modèle d’abonnement « est conforme au DMA ». « Nous nous réjouissons de poursuivre un dialogue constructif avec la Commission européenne afin de clore cette enquête », a déclaré un porte-parole du groupe.
Possible amende de 12 milliards
La Commission estime cependant que le modèle de Meta ne respecte pas le règlement de l’UE, en particulier parce qu'il « ne permet pas aux utilisateurs d’exercer leur droit de consentir librement à la combinaison de leurs données personnelles » entre ses différentes plateformes. L’exécutif européen a souligné, dans un communiqué, que les géants de la tech, comme Meta, ont pu « imposer à leur vaste base d’utilisateurs des conditions de service leur permettant de collecter une quantité importante de données personnelles. Cela leur a conféré des avantages potentiels par rapport à leurs concurrents ».
Le Bureau européen des unions de consommateurs (Beuc) a salué l’annonce de la Commission, y voyant « une bonne nouvelle pour les consommateurs utilisant Facebook et Instagram qui, depuis novembre dernier, se voient proposer des choix déloyaux quant à l’utilisation de leurs données ». Plusieurs associations avaient déposé des plaintes ces derniers mois.
Meta peut désormais exercer ses droits à la défense en ayant accès au dossier et répondre par écrit aux conclusions préliminaires. Si celles-ci étaient confirmées, la Commission adopterait une décision définitive de non-conformité d’ici à fin mars 2025.
Meta pourrait alors écoper d’une amende allant jusqu’à 10 % de son chiffre d’affaires mondial qui a atteint environ 125 milliards d’euros l’an dernier : soit une sanction pouvant dépasser 12 milliards d’euros si le groupe de Mark Zuckerberg ne se conformait pas aux règles de l’UE.



















