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E3 : Les conférences, l'art du vide ?

E3 : Les conférences, l'art du vide ?

Alors que l’E3 s’achève, qu’on a finalement eu pas mal de titres prometteurs à se mettre sous la dent et qu’on attends de pied ferme la sortie de la Wii U cette fin d’année, une question se pose : Comment en est-on arriv...
Gizmodo.fr en partenariat avec 20minutes.fr

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Alors que l’E3 s’achève, qu’on a finalement eu pas mal de titres prometteurs à se mettre sous la dent et qu’on attends de pied ferme la sortie de la Wii U cette fin d’année, une question se pose : Comment en est-on arrivé là ?

Les conférences constructeurs avant l’E3 était à l’origine un fantastique indicateur de l’évolution du marché, une vitrine censé nous faire admirer les merveilles du salon et surtout un véritable show, une exhibition folle de ce qui allait nous faire rêver l’année à venir. Cette année, c’était complètement raté. Microsoft se transforme en fournisseur de contenu américain, Sony semble un peu trop porté sur le Lexomil et Nintendo vise désormais définitivement les classes pavillonnaires américaines, mamie incluse. Tout n’est pas noir, mais n’empêche, le salon s’est ouvert sur une ambiance morose.

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Spectateur des conférences E3 lambda.

Microsoft : L’apologie du multimédia

Microsoft semblait bien parti. Un Halo 4 très attendu en ouverture de conférence, un Splinter Cell : Blacklist qui semblait offrir une 2ème jeunesse à la licence, le début était bien rythmé. Seulement, tout commençait à basculer après quelques trailers de nouveautés lors d’une présentation un peu bâclée : On venait nous parler de contenus multimédias et de navigation internet, mâtiné de « Kinect couche toi là ». En soit, l’idée est brillante : La console de Microsoft peut potentiellement être un excellent outil multimédia et la firme de Redmond le démontre : musique avec Xbox 360 music (Pour oublier l’éternel loser Zune ?), vidéo à la demande avec 4 partenaires différents, sports avec la NFL, la NBA ou ESPN, la stratégie nord-américaine risque d’être un véritable succès économique. Sauf que le jeu vidéo, pendant ce temps, il était passé à la trappe. Et ce n’est pas le partenariat Nike avec son logiciel de Fitness qui venait relever le niveau. A signaler également, Smart Glass, la vision globale de microsoft pour connecter sa console avec des périphériques Windows Phone/Mobile, qui semblait venir taper droit dans les visées de Nintendo. Si la démonstration était plus que convaincante, on se demande si ce n’est pas un peu gadget, d’autant plus que les périphériques Windows mobile peinent à convaincre sur un marché hyper concurrentiel dominé par iOs et Android.
Si le jeu vidéo revenait en force sur la 2ème partie de la conférence, ce n’était que pour annoncer des exclusivités de DLC pour des titres multisupports, avant de se clôturer sur un show de Usher, Fini les grosses exclus à grand renfort de dollars, maintenant tout se jour sur des pack de maps ou des armes exclusives, la pillule est dure à avaler.
Le constat est donc très clair : A l’image de l’intervention d’Usher, la conférence E3 de Microsoft, c’était un beau show concert à l’américaine d’une star Universal : 1h30 de concert, une moitié de bonne chanson, pas de rappel, et à l’année prochaine. En soit, la prestation n’était clairement pas raté, mais elle montrait une orientation qui faisait un peu froid dans le dos dans l’industrie du jeu vidéo, car une bonne partie du business, ce n’est justement plus du JV. On aura beau me traiter de réac, j’ai du mal à supporter qu’on me parle une demi heure de catalogue VOD, musique en ligne et fitness dans une conférence E3.

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Le malaise était palpable sur Twitter.

Twitter

Le malaise était palpable sur Twitter.

Sony : un catalogue timide

Sony, lui, semblait d’ailleurs beaucoup plus désireux d’en rester à l’essentiel, mais n’arrivait pas à transformer l’essai, la faute à un panel de titre en demi-teinte, à quelques absents et un manque d’annonces pour la PS Vita alarmant. Le prochain Quantic Dream permettait à David Cage de ressortir du placard et nous montrer sa vision du (non?) jeu vidéo grâce à un nouvel essai sur la PlayStation 3. On ne sait pas comment ça se joue, on ne sait pas grand-chose en fait, David Cage n’a probablement toujours pas assimilé l’idée qu’il bossait dans le JV, pas dans le cinéma, mais il n’empêche qu’on a quand même bien hâte d’en savoir plus, et c’est bien l’important, reste à digérer cette apparence qui rappelle un peu trop Heavy Rain. S’ensuivait l’éhonté mais probablement très bon Playstation All-Star Battle Royale, qui vise le compétitif la ou Super Smash Brawl s’était volontairement coupé les pieds pour rester dans la catégorie joueur occasionnel. Venait le sempiternel God Of War qui semble désormais aussi bien réglé qu’un Call Of Duty niveau calendrier de sortie. Enfin, Ubi Soft arrivait pour présenter son Assassin’s Creed III et surtout le petit nouveau inédit PS Vita : Assassin’s Creed : Libération, pointant du doigt une cruelle évidence : aucun support de la console portable de Sony ne venait pointer le bout de son nez durant toute la conférence. Face à des ventes plus que moroses, en grosse partie à cause d’un manque de titres cruel, on s’interroge sur la politique du constructeur japonais. Enfin, on notait une fois de plus l’absence de Last Guardian, même si il est annoncé toujours vivant en backstage, les remous qui entourent le titre laissent à penser qu’il faudra un certain temps avant d’en savoir plus. On ne parle même pas de Final Fantasy Versus XIII, ça serait remuer le couteau dans la plaie. Wonderbook présentait un concept intéressant, mais J.K Rowling ne vendait pas du rêve aux gamers chevronnés qui voulait plus de la grosse licence explosive que des histoires interactive version Motion Gaming réalité augmenté.
On le savait, cette année, Sony se concentrait sur ses machines déjà existante, pas de PlayStation 4, pas d’annonce folle, mais tout de même : Sorti de Beyond de Quantic Dream, ou The Last Of Us de la poule aux oeufs d’or Naughty Dog, rien n’aura fait rêver devant la conférence du géant japonais de l'électronique. C’est alarmant, car cela reflète bien la morosité actuelle de Sony. Pas d’exclusivités non plus, même sur d’anecdotiques DLC disponibles jour 1. On se demande un peu ou va le constructeur actuellement : Sans trop s’avancer, on peut probablement parler de traversée du désert.

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Ubi Soft, sauveur de constructeurs since 2012.

Nintendo : répéter les erreurs passées

Nintendo avait pris soin de diffuser un message d’Iwata dimanche soir qui se focalisait sur les fonctions de la Wii U. Une bonne nouvelle et tout le monde pronostiquait une conférence bourrée de titres pour la future console de Nintendo. De même, avec une 3DS en forme, on était en droit d’attendre quelques annonces. Les rumeurs parlaient d’un nouvel modèle, mais sans aller jusque la, on était prêt à se contenter de quelques bons jeux solides. D’ailleurs, à l’instar de Microsoft, tout commençait pour le mieux : Shigeru Miyamoto, figure emblématique de l’entreprise, nous présentait Pikmin 3, un titre convaincant aussi bien pour les joueurs occasionnels que pour les hardcore gamers. Mais hélas, après cette mise en bouche savoureuse, qui nous rappelait ce bon vieux Nintendo d’antan, c’était une succession de déceptions amères , même pour les plus hardcores des fans de la marque. L’annonce du support pour 2 Wii U GamePad a été bien accueilli, mais la conférence revenait beaucoup sur ce qui avait déjà été dit dimanche par monsieur Iwata. Les jeux Wii U étaient à l’honneur, mais on dénombrait beaucoup d’adaptations de titres déjà existants, qui laissait craindre un line up de sortie digne d’un supermarché Russe dans les années 70. Ubi Soft venait une fois de plus sauver la mise avec le fabuleux Rayman Legend via une démo sur scène très convaincante, et un trailer de ZombiU très prometteur. Le coup de grâce, c’était cette présentation de Nintendo Land, titre de sortie avec la console, censé montrer les possibilités de la console via des mini jeux à destinations de la famille. Le jeu était présenté via un clip horriblement kitsch et poussif mettant en scène une famille américaine des classes pavillonnaires, l’angoisse, le malaise. Voir Nintendo redoubler d’effort et mettre le paquet sur ce titre somme toute sympathique, mais à la durée de vie d’une baguette de pain faisait craindre sur la stratégie de communication autour de la Wii U.
Au final, c’était la douche écossaise, Pikmin 3 était hélas le seul titre Nintendo digne de nous faire rêver. Pas de trace du futur Smash Bros, Un Mario très sympathique mais pas du tout révolutionnaire. Pour la 3DS, uniquement du bête trailer ou presque à se mettre sous la dent, hormis l’annonce de Luigi’s Mansion, cet aspect la était également difficile à digérer, heureusement la conférence 3DS venait contrebalancer. Difficile de comprendre comment Big N en est arrivé la : Après un bilan d’Iwata posé et réaliste lors de la réunion des actionnaires, qui marquait une volonté de se réconcilier avec les fans hardcore, tout en proposant du contenu pour les joueurs occasionnels plus profond et plus riche afin de les fidéliser, on reste sonné, incapable de comprendre comment la firme de Kyoto a réussi l’exploit de se ramasser aussi maladroitement pour la deuxième année consécutive.

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Nintendo, une véritable sortie de route.

Mais bien loin de ses conférences en demi-teinte, cet E3 avait de quoi s’exhiber fièrement cette année. De la grosse licence, des titres excellents, du blockbuster ou de l’indé. Il n’y a que se baisser pour se servir et tester une pléthore de jeu. Le nouveau Tomb Raider, Watch Dog, Castlevania Mirror Of Fate, Project P-100, Dead Space 3, Shootmania et j’en passe une liste longue comme le bras. C’est donc bien le signe que le salon et le marché ne sont pas si moroses que ça. Reste que les conférences sont normalement un vrai temps fort du salon E3 : avec la généralisation du streaming et les moyens déployés pour améliorer la couverture médiatique, les spectateurs de l’évènement sont de plus en plus nombreux chaque année. Peut-être que les 3 grands ne se sont pas rendus compte qu’ils ne s’adressaient plus à la presse et aux éditeurs ces dernières années, mais également aux fans du monde entier ? Quoiqu’il en soit, le salon américain n’a clairement pas dit son dernier mot, et Ubi Soft a démontré cette année qu’il ne fallait pas nécessairement faire de la console pour avoir sa place parmis les grands. Et si le futur des conférences, c’était justement les éditeurs ?

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