Ces inventions qui ne voient pas le jour

TECHNOLOGIE Alors que se termine la 111e édition du concours Lépine, quelles idées restent lettres mortes et pourquoi?

Claire Béziau

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Machine volante, d'après Léonard de Vinci.
Machine volante, d'après Léonard de Vinci. — 3LH-Fine Art/SUPERSTOCK/SIPA

Il suffisait d’y penser: Une tétine rétractable afin que l’embout évite le contact avec le sol lorsque bébé la laisse tomber, une fourchette recourbée pour aider les personnes âgées à manger, un fixacouette pour dire adieu aux galères de l’enfilage de housse… nos rêves sont devenus réalité, puisque ces trouvailles font partie des 500 en lice pour le concours Lépine 2012.

Quid du parapluie rétractable?

Le palmarès sera connu ce lundi soir à la Foire de Paris et, malheureusement, la frustration est grande à la rédaction de 20 Minutes puisque nos propositions sont restées lettre morte: la boîte de conserve à ouverture vraiment facile, la valise capable d’affronter n’importe quel escalier, l’application permettant de « shazamer » la tête des gens quand on ne se souvient plus de leur nom, les baskets de sept lieues, l’anti micro-ondes qui refroidirait les aliments rapidement, la biscotte incassable, les meubles à coins mous… Si certaines de ces idées ont leur place dans un film de George Lucas, on s’étonne (quand même) que d’autres n’aient pas encore vu le jour.

Idée, invention, innovation

Non que personne n’ait, avant nous, vu l’intérêt du parapluie rétractable. Peter Temey est vice-président de la Fédération Nationale des Associations Françaises d’Inventeurs (FNAFI) et président de l’association Invention-Europe. En substance, il nous confie que le chemin à parcourir entre une idée et sa concrétisation s’apparente à un G20 en tongs.

Avant d’être commercialisée, une invention passe par trois étapes. D’abord « l’idée », lorsqu’une fulgurance frappe un inventeur. Celui-ci dépose ensuite un brevet à l’Institut National de la Propriété Industrielle (INPI), c’est le stade de « l’invention ». S’il parvient à intéresser un industriel, il lui cèdera une licence d’exploitation et se fera verser régulièrement des royalties sur les ventes. C’est l’étape de «l’innovation».

La personnalité de l’inventeur peut être un frein

De nombreux paramètres font cependant obstacle à la naissance du parapluie inoffensif ou du téléphone à l’épreuve de la cuvette des toilettes. «Quand on compare le nombre de brevets déposés et celui des réelles innovations sur une année, on est à un taux de 3 à 5%. Les industriels considèrent souvent les inventeurs comme des non professionnels et ne souhaitent pas de partenariat. La personnalité de l’inventeur peut également être un frein. Il peut manquer d’expérience ou se montrer trop gourmand financièrement. » confie Peter Temey.

Etre tendance

Si certains pensent pouvoir gagner des millions, la réalité est, en pratique, moins rose : « Un homme a vendu son entreprise et a tout misé sur son invention : un support en aluminium avec plusieurs miroirs permettant de se voir à 360°. Mais il est trop gros pour les particuliers, et les hôpitaux et les salons de coiffure ne sont pas intéressés. C’est sa femme qui le fait vivre ».

Il arrive aussi qu’une invention vendue finisse au placard, parce que trop dépassée ou visionnaire. « Mon père, inventeur professionnel, avait imaginé un siphon en forme de cœur humain. Dès qu’on le pressait, il débouchait l’évier». L’acquéreur ne l’a jamais commercialisé.

Les inventions sont aussi et avant tout fonction de la mode. Aujourd’hui, la tendance, c’est l’écologie. Peter Temey résume: «tout le monde peut avoir une idée. Le plus difficile, c’est qu’elle soit dans l’air du temps». En attendant qu'un robot nous remplace au boulot, nous vous retournons la question.

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