Megaupload: Une ONG se mobilise pour sauver les fichiers légaux

HIGH TECH L'Electronic Frontier Foundation, qui défend les libertés numériques aux Etats-Unis, fait tout son possible pour aider les internautes qui utilisaient le site pour stocker des fichiers légaux...

A.G.

— 

La page d'accueil du site d'hébergement de fichiers MegaUpload.
La page d'accueil du site d'hébergement de fichiers MegaUpload. — CAPTURE D'ECRAN/20MINUTES.FR

De nombreux internautes s’inquiètent depuis que Megaupload a été fermé par le FBI, le 19 janvier dernier. Et pas seulement parce qu’ils ne savent plus où aller pour télécharger. Si le site d’hébergement de fichiers était largement utilisé pour obtenir des films ou de la musique de manière illégale, certaines personnes s’en servaient pour stocker des fichiers personnels, qu’ils ne peuvent plus récupérer aujourd’hui. «J’utilisais Megaupload pour stocker toutes les démos musicales de mon groupe, j’ai tout perdu», expliquait un lecteur de 20 Minutes au lendemain de la fermeture du site. «Je dois recommencer tout mon projet de fin de BTS, s’indignait un autre. Je suis à la fin de ma deuxième année de BTS en alternance, le dossier de mon projet était sur Megaupload.»

Ces documents personnels, qui n’enfreignent pas le droit d’auteur, seront-ils ainsi effacés pour de bon avec tout le reste? Actuellement, tous ces fichiers sont stockés sur les serveurs de deux principales sociétés: Carpathia Hosting et Cogent Communications. Or, depuis que Megaupload a été fermé, que son fondateur Kim Schmitz a été arrêté et que les comptes de l’entreprise ont été gelés, ces hébergeurs ne sont plus payés. Conséquence: ils n’ont plus d’intérêt à conserver les milliers de fichiers. Ces données prennent de l’espace sur leurs serveurs alors qu’ils pourraient les louer à d’autres entreprises aujourd’hui. Dans un premier temps, les fichiers devaient alors être définitivement supprimés jeudi dernier, mais un délai de deux semaines a été accordé afin de permettre à toutes les parties de trouver une solution pour les données hébergées légalement. Toutefois, que se passera-t-il ensuite si aucun accord n’est trouvé?

Une question de «courtoisie envers les utilisateurs innocents»

L’Electronic Frontier Foundation (EFF), organisation non gouvernementale qui défend les libertés numériques, refuse de laisser dans le désarroi les utilisateurs de Megaupload qui se servaient du site pour héberger des fichiers personnels ou des documents légaux. La semaine dernière, l’ONG a envoyé une lettre au département de la Justice américain et aux avocats de la partie civile leur demandant de ne pas supprimer les données qui se trouvent sur les serveurs que Megaupload louait. Non seulement l’ensemble des fichiers pourrait servir pour les procès à venir, mais il s’agit également d’une question de «courtoisie envers les utilisateurs innocents» qui ne faisaient que stocker leurs documents, fait valoir l’EFF.  Elle se dit «troublée»  par le fait que les données de nombreux utilisateurs légitimes de Megaupload aient été confisquées sans avertissement et que le gouvernement américain ne leur ait pas proposer une solution. L’ONG a prévenu qu’elle était prête à engager une action en justice si elle n’était pas entendue par les différents acteurs de l’affaire.

La semaine dernière, l’EFF et l’hébergeur Carpathia Hosting ont lancé l’initiative MegaRetrieval pour faire entre la voix des utilisateurs américains qui avaient hébergé des fichiers légalement et n’ont rien à se reprocher. L’objectif? Recueillir le plus de témoignages possibles en vue d’un éventuel recours collectif aux Etats-Unis. Elle leur propose ainsi une «aide juridique» afin de les aider à retrouver leurs fichiers.

Du côté des autorités américaines, il faudrait pouvoir surmonter l’obstacle suivant pour laisser les internautes du monde entier récupérer leurs données: distinguer les fichiers légaux des autres, d’après Anicet Mbida, rédacteur en chef de 01Net, interrogé par BFMTV.  Selon lui, si on autorise l’accès à Megaupload, «les gens pourront récupérer leurs fichiers légaux, mais aussi leurs fichiers illégaux. C’est ce qui pose problème aujourd’hui au FBI.» La lutte contre le piratage passera-t-elle avant tout ?