Le peer-to-peer revient en force après la fermeture de Megaupload

WEB Les autorités espéraient que les internautes se tourneraient vers les offres légales après la chute du site de téléchargement direct le plus populaire de la Toile. Mais ils ont préféré aller voir du côté de BitTorrent...

Anaëlle Grondin

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Un logiciel de téléchargement peer-to-peer.
Un logiciel de téléchargement peer-to-peer. — JAUBERT

La fermeture le 19 janvier du site d’hébergement de fichiers Megaupload,  qui représentait 4% du trafic Internet, a certes secoué la Toile mais n’a pas éradiqué le piratage.

Avec la fermeture dans son sillage de certains sites similaires et le vent de panique constaté chez d’autres hébergeurs de fichiers, les autorités pensaient certainement que les internautes qui avaient l’habitude d’y télécharger des films ou de la musique illégalement se tourneraient désormais vers des plateformes légales comme iTunes, Spotify ou Deezer. Mais visiblement, elles se sont trompées.

>> Megaupload: Cinq choses à savoir pour comprendre l'affaire

A la place, le peer-to-peer ou P2P (transfert de données de PC à PC) a fait un brusque retour en grâce, indique un observatoire de l’usage de la bande passante à travers le monde mis en place par le constructeur de routeurs Ipoque. C’est un véritable retournement de situation, car le peer-to-peer, longtemps privilégié par les internautes pour télécharger des films et de la musique de manière illégale, était tombé en désuétude ces dernières années au profit du téléchargement direct, difficilement traçable par les autorités et également plus rapide.

Alors qu’en Europe le niveau de trafic du P2P était quasi nul ces dernières semaines, les graphiques mis en ligne par Ipoque montrent qu’il connaît depuis la fermeture de Megaupload des pics atteignant 15% du trafic total de la bande passante européenne.  Ce regain d’intérêt pour le peer-to-peer a surtout bénéficié au protocole de transferts et de partage de données BitTorrent.

Pourtant, ce mode de téléchargement illégal est surveillé de près par la Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi). En début de semaine, elle se félicitait des chiffres «encourageants» présentés par la Fédération internationale de l'industrie phonographique. L’IFPI venait d’annoncer que près de deux millions d’utilisateurs de P2P en France avaient cessé leur activité. Une annonce déjà obsolète à cause de l’affaire Megaupload? A moins que ce retour sur BitTorrent ne soit qu'une tendance passagère en réaction à la fermeture encore récente du site.