Des hackers veulent placer un satellite en orbite pour lutter contre la censure du Net
SCIENCES•Afin de contourner les blocages des FAI ou des gouvernements...P.B.
En matière d'Internet, celui qui contrôle les tuyaux contrôle les données. Pour s'affranchir de ces chaînes, un groupe de hacker vise haut, très haut: dans l'espace. Le projet Hackerspace Global Grid (HGG), lancé en Allemagne, veut créer un réseau de communication qui ne soit pas contrôlé par des entreprises ou des gouvernements, pour garantir un accès libre et ouvert à Internet.
L'initiative est née après l'appel de l'hacktiviste Nick Farr lors de Chaos Communication Congress, à Berlin. Dans un premier temps, le groupe veut déployer, cette année, une série de stations au sol capables de suivre et de communiquer avec les satellites déjà déployés. Puis, par la suite, de lancer son propre engin, et, si tout va bien, d'envoyer un hacker marcher sur la lune d'ici 2035.
Contraintes techniques
Le premier challenge est l'aspect financier. Mais la technique constitue également un casse-tête. Placer un satellite en orbite basse, à l'altitude de la Station spatiale internationale (environ 400 km), signifie qu'il va tourner autour de la Terre à toute vitesse (un tour toutes les 90 minutes). C'est pour cela qu'il faut avoir un réseau de stations au sol le suivant à la trace pour dialoguer avec lui, avec des fenêtres de communication très courtes.
A cette altitude, l'attraction de la Terre est forte, il faut donc du carburant pour que des boosters externes permettent à l'objet de ne pas retomber sur Terre. Le satellite amateur Arissat-1, déployé depuis l'ISS l'été dernier, est par exemple resté en orbite six mois –il devrait réentrer dans l'atmosphère à tout moment.
Pour qu'un satellite reste à un point fixe (par rapport à l'équateur) et soit davantage épargné par l'attraction gravitationnelle, il faut le placer en orbite géostationnaire, à 35.000 km. A cette distance, le délai pour l'aller-retour d'un signal est plus important. Le HGG l'explique, le but n'est cependant pas de faire du streaming vidéo, mais simplement de garder un canal de communication ouvert, Twitter, par exemple. Ce qui peut être vital, comme les révolutions en Egypte ou en Tunisie l'ont montré.



















