Rumeur du «Facebook Phone»: Entre «It's complicated» et «in an open relationship»

SMARTPHONE Mark Zuckerberg tente de clarifier les choses...

Philippe Berry

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Facebook sur iPhone, Android et BlackBerry
Facebook sur iPhone, Android et BlackBerry — DR

De notre correspondant à Los Angeles

En début de semaine, la rumeur a pris de l'importance: le réseau social n°1 travaillerait sur un «Facebook Phone». Malgré les démentis officiels, plusieurs sites de la Silicon Valley persistent. De quoi pousser Mark Zuckerberg à accorder une interview à TechCrunch, pour clarifier les choses. Ou pas. 20Minutes.fr fait le point, en tentant de lire entre les lignes.

Facebook travaille-t-il de A à Z sur un téléphone comme Apple sur l'iPhone?

Non. C'est l'une des rares réponses claires de «Zuck». «Apple s'occupe de tout, du design à l'OS, et supervise sans doute de près la fabrication par Foxconn (en Chine, ndr). Je parie que nous ne ferons jamais quelque chose comme ça. C'est trop différent» de notre coeur de métier, explique le jeune milliardaire.

Facebook est-il en train de construire un OS complet, comme Google?

Non plus. «Un système d'exploitation? Non», affirme Zuckerberg. «C'est des années et des années de travail. Si nous commencions à construire un OS, nous n'aurions rien à dire pendant 4 ans. Je sais que nous n'avons pas commencé il y a 4 ans, donc non, on n'est pas sur ce terrain. Un jour, dans 10 ans, peut-être, mais pas aujourd'hui.»

Mais alors quoi, une «couche sociale» intégré à un OS existant?

On chauffe. «Notre approche est horizontale. Celle d'Apple est totalement verticale, avec un modèle. Celle de Google, un peu des deux.» Le but de Facebook, c'est «de construire une couche sociale pour tout: Internet, mobile, iPhone, Android, BlackBerry. Nous voulons une intégration du plus bas niveau possible.»

A quoi ressemblerait une «couche Facebook»?

Elle ferait partie intégrante du téléphone, comme celui déjà fabriqué par INQ. Le carnet d'adresse du mobile peut alors directement se brancher sur des profils Facebook ou Skype, les newsfeeds être mis en fond d'écran dynamiquement. Avec un «ID facebook» et un partenariat avec un opérateur, on pourrait même imaginer dans plusieurs années un téléphone sans numéros. On appellerait simplement un contact via son ID Facebook (ce qui signifie qu'on pourrait changer d'opérateur sans devoir fournir à tous ses amis son nouveau numéro). Facebook veut aussi développer sa «personnalisation instantanée». Avec une couche supplémentaire, les autres applications (jeux, musique, news etc) pourraient directement avoir accès au profil de l'utilisateur et à ses centres d'intérêt, sans devoir passer par une étape intermédiaire (comme Facebook Connect).

Avec qui Facebook travaille-t-il?

Mystère pour l'instant. Selon Bloomberg, un nouveau téléphone INQ intégrant de manière plus importante le réseau social est attendu pour «le premier semestre 2011» en Europe. Il embarquerait également le service musical Spotify. A priori, Facebook ne peut travailler qu'avec des téléphones sous Android. «Certaines plateforme sont difficiles à pénétrer, comme l'iPhone», explique Mark Zuckerberg. Apple contrôle en effet tout ce qui se passe sur son mobile. En revanche, «pour Android, nous pouvons customizer un peu plus», note-t-il.