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Google doit payer 51,5 millions d’euros au comparateur français Twenga

Google condamné à verser 51,5 millions d’euros au comparateur français Twenga

REVERS JUDICIAIREGoogle a été condamné à verser un copieux dédommagement à Twenga pour abus de position dominante. Cette décision s’ajoute aux nombreuses sanctions visant les pratiques du géant américain
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

La bataille engagée depuis plus d’une décennie entre Google et les comparateurs de prix européens a franchi un nouveau cap. Le tribunal des activités économiques de Paris a ordonné au groupe américain de verser 51,5 millions d’euros à Twenga, bien loin toutefois des 936 millions réclamés par l’entreprise française, selon le jugement consulté par l'AFP mardi, confirmant une information du média spécialisé Mind Media. Les magistrats ont reconnu un préjudice réel lié aux pratiques anticoncurrentielles de Google, mais en circonscrivent strictement l’indemnisation.

Twenga, fondé en 2006 et présent dans plusieurs marchés européens, avait connu une forte ascension entre 2008 et 2010, avant de voir son activité affectée par la mise en avant du service maison de Google dans les résultats de recherche. Le tribunal confirme que la société est en droit d’obtenir réparation pour la période allant de 2008 à 2017 et estime que les effets de ces pratiques ont pu perdurer jusqu’en 2022. Toutefois, les juges ont rejeté la méthode de calcul utilisée par Twenga pour évaluer le manque à gagner après 2017, considérée comme inadaptée au dossier.

Multiplication des actions contre Google en Europe

Cette décision n’empêche pas Google de souligner que le montant retenu reste très inférieur aux demandes initiales. « C’est la deuxième décision du tribunal à rejeter la majorité des dommages-intérêts réclamés, ce qui reflète le caractère excessif de cette plainte », a déclaré un porte-parole auprès de l’AFP. Il a ajouté que « les changements apportés par Google en 2017 ont mis fin aux pratiques et fonctionnent comme prévu ».

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Le jugement s’inscrit dans un contexte où les sanctions contre Google se multiplient en Europe. La décision parisienne fait écho à l’amende de 2,42 milliards d’euros imposée dès 2017 pour abus de position dominante dans les comparateurs de prix. En juin, le même tribunal avait déjà condamné Google à verser 2,2 millions d’euros au comparateur Acheter Moins Cher, loin des 266 millions demandés. L’Union européenne a, de son côté, récemment infligé une amende de 2,95 milliards d’euros au groupe dans la publicité en ligne, en plus d’une sanction de 4,1 milliards prononcée en 2018 concernant Android.