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Etats-Unis : Placé sous surveillance, Google n’aura finalement pas besoin de se séparer de Chrome
DE JUSTESSE•Google a évité le scénario d’un démantèlement de Chrome, réclamé par le département de la Justice américaine. L’entreprise reste toutefois soumise à des obligations pour rétablir la concurrence20 Minutes avec AFP
L'essentiel
- Google a échappé au démantèlement de Chrome mais devra respecter de nouvelles obligations pour rétablir la concurrence dans la recherche en ligne.
- L’entreprise devra partager certaines données avec des concurrents et ne pourra pas verrouiller le marché de l’intelligence artificielle générative par des accords exclusifs.
- Suite à cette décision de justice, le titre Alphabet a bondi en Bourse tandis que les experts jugent cette victoire fragile car Google reste sous la menace d’autres procédures antitrust.
Google n’aura finalement pas à se séparer de son navigateur Chrome, une sanction extrême réclamée par le département de la Justice. Le juge fédéral Amit Mehta, basé à Washington, a jugé mardi cette option « extrêmement compliquée et très risquée », estimant que le gouvernement avait outrepassé ses prérogatives. Mais si le géant du numérique sauve son navigateur vedette, il n’échappe pas à de lourdes contraintes pour rétablir la concurrence dans la recherche en ligne.
En août 2024, le même magistrat avait reconnu Google coupable d’avoir maintenu illégalement son monopole grâce à des accords exclusifs avec Apple, Samsung et d’autres fabricants, qui garantissaient sa position de moteur par défaut moyennant des milliards de dollars. Google devra toutefois partager certaines données d’indexation et informations sur les interactions utilisateurs avec des « concurrents qualifiés », afin de leur permettre d’améliorer leurs services. L’entreprise sera également tenue de distribuer une partie de ses résultats de recherche à ses rivaux, pour une durée pouvant aller jusqu’à cinq ans.
Des restrictions sur de futurs partenariats
Le juge a toutefois refusé d’interdire totalement les accords commerciaux entre Google et les fabricants de téléphones. « La suppression des paiements de Google entraînerait presque certainement des préjudices importants, voire paralysants dans certains cas, pour les partenaires de distribution, les marchés connexes et les consommateurs », précise le jugement.
La décision vise aussi le marché émergent de l’intelligence artificielle générative. Les restrictions s’appliqueront aux partenariats exclusifs que Google pourrait tenter de nouer pour verrouiller ce secteur stratégique, dans lequel des acteurs comme OpenAI et ChatGPT sont déjà installés. Un comité technique supervisera l’application des mesures correctives, qui entreront en vigueur soixante jours après la validation définitive du jugement, attendue d’ici au 10 septembre.
Un répit de courte durée ?
Pour certains experts, le répit de Google pourrait être de courte durée. « C’est un peu une victoire pour Google, mais peut-être une victoire à la Pyrrhus », analyse Carl Tobias, professeur de droit à l’université de Richmond. « Ils ont évité le pire pour l’instant, mais ils sont sous surveillance. »
Notre dossier sur GoogleA Wall Street, l’annonce a été accueillie favorablement : le titre Alphabet, maison mère de Google, a bondi de plus de 7 % dans les échanges électroniques après la clôture, tandis qu’Apple progressait de plus de 3 %. Mais le groupe reste fragilisé par d’autres procédures, notamment en Virginie, où la justice examine son monopole jugé illégal sur le marché de la publicité en ligne.



















