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La bienveillance, antivirus des jeunes face aux risques numériques des aînés

Cybermenaces : « Nos séniors ont besoin d’aide et de bienveillance de la part de leurs enfants »

SÉRUM ANTI-ÂGEUne étude Avast pointe le rôle majeur des plus jeunes pour aider et accompagner leurs aînés face aux cybermenaces
Christophe Séfrin

Christophe Séfrin

L'essentiel

  • Les séniors, et qui plus est les plus de 70 ans, constituent une cible de prédilection pour les cybercriminels.
  • Le dernier rapport Avast « Safe Tech » met parallèlement en évidence l’inquiétude de leurs enfants et petits-enfants face aux risques qu’ils encourent.
  • La nécessité pour eux de les accompagner est plus importante que jamais, en associant aide technique, mais aussi bienveillance.

Qui n’a pas eu un parent, un grand-parent, empêtré dans le gourbi numérique des cybermenaces ? Mails ou SMS frauduleux, usurpation d’identité, fuite de données… avec à la clé des conséquences qui peuvent être tragiques. Financières, certes, mais aussi émotionnelles. En la matière, le rapport « Safe Tech » que vient de publier Avast est alarmant. L’entreprise spécialisée dans les solutions de cybersécurité pointe la vulnérabilité grandissante en France de nos aînés et le rôle capital que leurs enfants et petits-enfants doit jouer pour les prémunir des attaques mais aussi les accompagner en cas de problème. Leyla Bilge, responsable de la recherche sur les escroqueries chez Avast, fait le point.

Quelles sont les principales vulnérabilités de nos séniors face aux cybercriminels ?

À l’ère du tout numérique, les personnes âgées sont l’une des cibles les plus vulnérables face aux cybermenaces. Notre étude révèle qu’en France, 84 % des personnes interrogées déclarent avoir un ou plusieurs proches âgés, et que 68 % se disent inquiètes à l’idée qu’ils puissent tomber dans le piège d’une arnaque en ligne.

Leyla Bilge, responsable de la recherche sur les escroqueries chez Avast.
Leyla Bilge, responsable de la recherche sur les escroqueries chez Avast. - Avast

Cette vulnérabilité repose sur une combinaison de plusieurs facteurs. 41 % des personnes interrogées estiment que leurs proches âgés ont un comportement à risque en ligne : 70 % mentionnent que leurs aînés cliquent sur des liens suspects, 65 % qu’ils répondent à des appels de numéros inconnus, 56 % qu’ils partagent trop facilement des informations, 51 % qu’ils répondent à des SMS provenant de numéros inconnus, 50 % qu’ils utilisent des mots de passe faibles. Et 34 % qu’ils téléchargent des applications inconnues.

Côté perception, parmi ceux qui estiment que leurs proches âgés pourraient tomber dans une arnaque (soit 66 % de l’échantillon), 19 % pensent que leurs proches ne savent pas repérer les liens ou messages frauduleux, 18 % jugent les escroqueries trop sophistiquées pour être repérées sans aide, et 16 % considèrent que leurs aînés accordent trop facilement leur confiance…

Existe-t-il des arnaques particulièrement ciblées envers les séniors ?

Les types d’attaques constatés les plus fréquents sont : les arnaques en ligne (à 24 %), les fraudes financières (20 %), les infections par malwares (17 %), les fuites de données (14 %) et les vols d’identité (9 %). Ces attaques arrivent par de multiples canaux : d’abord par les e-mails, puis par appels téléphoniques et sites frauduleux, ou encore par SMS.

Quelles peuvent en être les conséquences ?

Elles peuvent être financières, bien sûr, mais aussi morales. Lorsqu’un sénior est victime d’une cyberattaque, les pertes peuvent atteindre des sommes importantes. 14 % des répondants affirment d’ailleurs avoir dû contribuer personnellement pour compenser les pertes subies !

Le préjudice moral, lui, n’est pas à minimiser. Il ne faudrait d’ailleurs pas que ces mauvaises expériences aboutissent à un retrait social ou à une mise à distance durable du numérique. Heureusement, dans 86 % des cas, les proches interviennent pour aider : 56 % contactent les autorités compétentes, 32 % les banques ou institutions financières, et 44 % expliquent les démarches à suivre. Dans 15 % des cas, les aidants vont jusqu’à tenter de retrouver l’auteur de l’arnaque !

La fracture numérique s'accentue avec l'âge: les plus de 70 ans ont été peu exposés aux outils numériques dans leur parcours professionnel.
La fracture numérique s'accentue avec l'âge: les plus de 70 ans ont été peu exposés aux outils numériques dans leur parcours professionnel. - Teresa Crawford/AP/SIPA

À partir de quel âge devient-on aujourd’hui particulièrement vulnérable ?

La fracture numérique s’accentue notamment à partir de 70 ans. À ce stade de la vie, de nombreuses personnes âgées ont été peu exposées aux outils numériques dans leur parcours professionnel et n’ont pas toujours bénéficié d’un accompagnement structuré à la transition digitale. 66 % des répondants pensent que leurs proches âgés risquent de tomber dans une arnaque, un chiffre qui monte à 75 % chez les membres de la Gen Z.

Parmi ceux qui estiment que leurs proches ont un comportement en ligne risqué (41 % des répondants), les comportements jugés problématiques sont : cliquer sur des liens suspects (70 %), répondre à des appels d’inconnus (65 %), ou encore partager trop d’informations personnelles (56 %).

Notre dossier «Cybersécurité»

Quels gestes/réflexes les personnes âgées doivent-elles adopter ?

Une règle essentielle tout d’abord : ne jamais cliquer sur un lien suspect, même s’il semble provenir d’une source fiable. Ensuite, l’usage de mots de passe longs, complexes et uniques pour chaque compte (idéalement associés à un gestionnaire sécurisé et à une authentification à deux facteurs) est primordial. Sur les réseaux sociaux, il est recommandé de limiter la visibilité de ses publications : ne pas annoncer son absence en temps réel, refuser les demandes de personnes inconnues.

Il est également important d’installer une solution de sécurité fiable (comme Avast, avec Scam Guardian) sur tous les appareils, et de maintenir les systèmes à jour. Enfin, nous recommandons la mise en place d’un mot-clé secret familial, un code partagé à utiliser en cas de doute sur l’identité de l’interlocuteur. Un réflexe simple, mais très utile pour éviter les arnaques à l’urgence ou les usurpations d’identité.

De leur côté, comment leurs enfants/petits-enfants peuvent-ils les aider ?

Plus qu’un appui technique ponctuel, cette aide peut prendre la forme d’un accompagnement patient et régulier. Cela commence par des échanges simples : montrer à un parent comment vérifier l’expéditeur d’un e-mail, lui apprendre à reconnaître un message frauduleux, ou encore l’aider à choisir un mot de passe sécurisé. Proposer d’installer un antivirus fiable, mettre à jour les appareils ensemble, ou expliquer ce qu’est l’authentification à deux facteurs sont autant de gestes concrets, à la portée de tous.

Le plus important reste sans doute la bienveillance. Ne pas ridiculiser un doute, encourager à poser des questions, valoriser les efforts… Ce climat de confiance est fondamental, comme avec une conversation simple et régulière sur la sécurité numérique. Un échange complice vaut souvent mieux qu’une fiche technique !