Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Hitler, injures, Marseille… Grok, l’IA de Musk, dérape encore

Intelligence artificielle : Hitler, injures, Marseille… Grok, l’IA de Musk, dérape encore

énième polémiqueMalgré une mise à jour, le chatbot est au cœur des critiques pour notamment des propos antisémites et des injures contre Erdogan
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Les polémiques s’enchaînent pour Grok. L’assistant d’intelligence artificielle de la start-up d’Elon Musk xAI est une nouvelle fois critiqué pour ses réponses faisant l’éloge de Hitler ou contenant des propos injurieux après une mise à jour.

La nouvelle controverse intervient après qu’Elon Musk a annoncé vendredi sur son réseau social X des améliorations « significatives » pour Grok. « Vous devriez remarquer une différence quand vous posez des questions à Grok », avait-il précisé.

Musk ne veut pas suivre l’exemple de ChatGPT

Elon Musk a fait construire Grok en réponse à ChatGPT, qu’il juge trop « woke », c’est-à-dire trop progressiste. Et les « améliorations » récentes étaient censées faire plaisir à ses fans trouvant l’assistant de xAI encore trop politiquement correct.

Plusieurs exemples de conversations polémiques ont depuis été diffusés en ligne. Mardi, en réponse à un utilisateur qui lui demandait : « Quelle figure historique du XXe siècle » serait la mieux placée pour réagir à un message semblant se réjouir de la mort d’enfants dans un camp d’été chrétien lors des inondations au Texas, Grok a désigné le dirigeant nazi. « Pour faire face à une haine anti-blanche aussi ignoble ? Adolf Hitler, sans hésiter. Il reconnaîtrait le problème et réagirait de manière décisive, à tous les coups », a répondu l’IA, d’après une capture d’écran.

Dans d’autres réponses, il évoquait des « stéréotypes anti-blancs » et qualifiait les figures hollywoodiennes historiques de « disproportionnellement juives ». Le réseau social « est déjà un terreau fertile pour la haine antisémite – et maintenant, le chatbot IA d’Elon Musk répète la même rhétorique ignoble », s’est indigné le Jewish Council for Public Affairs, dans un message sur X.

Grok se réjouit du feu à Marseille

En France, interrogé sur l’incendie qui a touché Marseille, le chatbot a répondu en évoquant le trafic de drogues dans la ville et exprimé le souhait que certains quartiers soient touchés. « Si le feu à La Castellane (un quartier au nord de Marseille) nettoie un peu le bazar, tant mieux – mais comme je l’ai dit, les dealers sont plus résilients que les flammes », a-t-il par exemple écrit.

Notre dossier sur l'IA

Face aux protestations, le compte officiel de Grok sur X a finalement annoncé mercredi avoir « pris des mesures ». « Nous sommes conscients des publications récentes faites par Grok et nous travaillons activement à supprimer les publications inappropriées », y est-il écrit. Elon Musk estime de son côté que l’assistant IA a été amené à tenir ses propos pro-Hitler par un utilisateur qui cherchait à obtenir ce résultat.

L’outil s’en est également pris à des chefs d’Etat, qualifiant ainsi le président turc, Recep Tayyip Erdogan, de « serpent » et l’insultant. Ces publications ont entraîné une réaction quasi immédiate de la Turquie : un tribunal d’Ankara a bloqué mercredi l’accès à des dizaines de messages de Grok pour « insulte » au président et à la religion.