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C’est quoi ces milliers de bipeurs qui ont explosé simultanément au Liban ?

Guerre Israël-Hamas : C’est quoi ces bipeurs qui ont explosé simultanément au Liban ?

ATTAQUE COORDONNÉELes bipeurs qui ont explosé au Liban sont des appareils qui appartiennent au passé, mais toujours utilisés pour certaines fonctions très pratiques
Christophe Séfrin

Christophe Séfrin

L'essentiel

  • Le mardi 17 septembre, une attaque de nature inédite a causé l’explosion simultanée des bipeurs de membres du Hezbollah au Liban.
  • Cette opération d’envergure aurait fait neuf morts et 2.800 blessés.
  • Ancêtres des téléphones portables et smartphones, ces bipeurs, (ou pagers) étaient prisés dans les années 90, notamment par les jeunes désireux de rester en contact avec leur « tribu ».

C’est un scénario digne de la série Le bureau des légendes. Le mardi 17 septembre, une attaque de nature inédite a causé l’explosion simultanée des bipeurs de membres du Hezbollah, causant au Liban au moins neuf morts et 2.800 blessés. Ces petits appareils, utilisés pour communiquer à la place de téléphones portables, bannis par le groupe terroriste car facilement traçables, auraient été piratés par Israël. Mais qu’est-ce vraiment qu’un bipeur ? 20 Minutes ouvre ses archives.

En vogue il y a 25 ans…

Apparus au début des années 1970, mais très en vogue dans les années 80-90 (alors que le téléphone portable n’existe pas), les bipeurs -ou pagers- appartiennent à l’histoire de la radiomessagerie. Ce sont des appareils de communication sans fil qui utilisent leur propre réseau. Ne pouvant d’abord que recevoir des bips sonores (indiquant que quelqu’un tente de nous contacter), ou des messages sous forme de courts textes, ils permirent également d’en émettre dès 2005.

2 euros le message envoyé

Les bipeurs sont vite très appréciés par les familles, soucieuses de garder contact avec leurs enfants. Mais surtout des ados, qui peuvent grâce à leur petit appareil accroché à la ceinture communiquer entre eux, un peu comme sur WhatsApp aujourd’hui.

Les plus anciens se souviennent de bipeurs Alphapage de France Télécom (1987) auxquels on pouvait adresser des messages de 80 caractères (!) depuis un Minitel. Ils furent surtout utilisés dans l’univers professionnel, notamment celui des hôpitaux, des chefs d’entreprise oui des avocats. Précision : chaque message coûte alors l’équivalent de 2 euros (8 francs) à son expéditeur ! Un abonnement mensuel de 18,50 euros (70 francs) est également requis…

Quand t’as Tatoo t’as tout compris

Au milieu des années 90, débarque Tam-Tam (de la Générale des Eaux). Ciblant les jeunes urbains, « Le premier messager de poche sans abonnement » (il est vendu 490 francs, soit 75 euros) fait fureur. Outre des messages, des alertes info peuvent également être reçues par l’appareil.

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Il possède un concurrent, Kobby, lancé en 1995 par Infomobile (filiale du grouge Bouygues), qui cible en premier lieu les professionnels. Comme ceux de la série Urgences, avec George Clooney, dans laquelle les protagonistes ne se séparent jamais de leur pager ! Utilisant leur propre protocole de transmission, les petits bipeurs portés à la ceinture, s’avèrent ainsi très pratiques dans les endroits clos.

Un troisième larron s’invite aussi au bal des pagers, Tatoo (France Télécom). Avec lui, un argument marketing choc face aux jeunes : « Tatoo, garde le contact avec ta tribu ». Jusqu’à 2,3 millions de personnes auraient été équipées en France d’un pager en 1998… Mais les premiers téléphones GSM, bien que plus onéreux, leur font vite de l’ombre, les différents services grand public s’arrêtant au début des années 2000. Les sites de vente de produits d’occasion regorgent aujourd’hui de ces petits appareils, traqués par les collectionneurs.

Nom de code : AR-924

Reste qu’aujourd’hui, les pagers sont toujours utilisés par certaines entreprises. Et qu’il s’en fabrique encore. Le modèle incriminé dans les attaques de mardi serait taïwanais. Nommé AR-924, et fabriqué par la société Gold Apollo, il permet de recevoir des messages courts, des bips sonores ou affiche des numéros de téléphone à rappeler. Et dispose d’une autonomie jusqu’à 85 jours, un point non négligeable pour le Hezbollah

Le scénario d’une détonation à distance

L’opération d’envergure aurait été possible par le piratage à la source des bipeurs. Deux options : un petit pain de plastic dissimulé à proximité de leur batterie aurait explosé lors de la réception d’un même message par ondes radio (ou à la suite d’une programmation pour son déclenchement). Ce qui supposerait que les appareils aient été trafiqués à la source.

Un logiciel malveillant aurait également pu être installé, provoquant la surchauffe de la batterie et son explosion. Selon le Wall Street Journal, des personnes ayant senti la batterie de leur terminal chauffer s’en seraient séparé avant qu’il n’explose… Selon le hacker Baptiste Robert, cité par Numerama, cette seconde possibilité resterait la moins probable, les batteries des pagers « n’explosant pas en l’espace de deux secondes ». Une « détonation à distance » serait à privilégier.