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MonopoleEnquête pour abus de position dominante contre Microsoft pour son app Teams

Bruxelles ouvre une enquête pour abus de position dominante contre Microsoft et son application Teams

MonopoleL’affaire a démarré en juillet 2020 par une plainte de la start-up américaine Slack, entre-temps rachetée par Salesforce
La Commission dit craindre que le groupe américain « n'abuse de sa position sur le marché des logiciels » pour favoriser son service de messagerie et visioconférence au détriment des concurrents. (PHOTO D'ILLUSTRATION)
La Commission dit craindre que le groupe américain « n'abuse de sa position sur le marché des logiciels » pour favoriser son service de messagerie et visioconférence au détriment des concurrents. (PHOTO D'ILLUSTRATION) - GERARD JULIEN / AFP / AFP
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Microsoft a lié son application de visioconférence Teams à ses célèbres logiciels Word, Excel, PowerPoint et Outlook. Mais la Commission européenne s’interroge. En faisant cela, le géant américain a-t-il enfreint les règles de concurrence de l’Union européenne ? Pour le déterminer, l’instance a ouvert une enquête formelle ce jeudi.

Evoquant l’intégration de Teams par Microsoft dans ses suites pour clients professionnels Office 365 et Microsoft 365, la Commission dit craindre que le groupe américain « n’abuse de sa position sur le marché des logiciels » pour favoriser son service de messagerie et visioconférence au détriment des concurrents. L’affaire a démarré en juillet 2020 par une plainte de la start-up américaine Slack, entre-temps rachetée par Salesforce.

Accusations de concurrence déloyale

Confrontée à des pertes de parts de marché sur le marché des messageries d’entreprise, Slack avait déposé une plainte contre Microsoft pour concurrence déloyale auprès de l’exécutif européen. Microsoft est soupçonné d’avoir abusé de sa position dominante dans les logiciels de bureautique, en associant Teams, sans surcoût, avec ses célèbres logiciels Word, Excel, PowerPoint et Outlook.

Si ces soupçons sont avérés, le géant américain de la tech, déjà sanctionné à plusieurs reprises par Bruxelles, pourrait se voir infliger une nouvelle lourde amende. Le litige a surgi en plein développement du télétravail depuis la pandémie de coronavirus, un contexte qui a fait exploser la demande pour les applications de visioconférence.

Des outils « indispensables pour de nombreuses entreprises »

« Les outils de communication et de collaboration à distance tels que Teams sont devenus indispensables pour de nombreuses entreprises en Europe. Nous devons donc veiller à ce que les marchés de ces produits restent compétitifs et que les entreprises soient libres de choisir les produits qui répondent au mieux à leurs besoins », a déclaré la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager.

Microsoft a aussitôt réagi en promettant de coopérer avec Bruxelles. « Nous respectons le travail de la Commission européenne dans cette affaire et prenons nos propres responsabilités très au sérieux. Nous continuerons à coopérer avec la Commission et nous nous engageons à trouver des solutions qui répondent à ses préoccupations », a déclaré un porte-parole de l’entreprise.

Deux milliards d’euros d’amendes déjà infligés

Après avoir recueilli des éléments pendant trois ans de procédure informelle, la Commission s’inquiète du fait que les consommateurs n’aient pas le choix d’inclure ou non Teams lorsqu’ils s’abonnent aux suites bureautiques de Microsoft. Elle craint également que le groupe de Redmond (côte ouest des Etats-Unis) ne limite l’interopérabilité entre ses produits et ceux des concurrents.

D’autres applications comme Zoom, Google Meet ou Cisco Webex, sont disponibles sur le marché et concurrencent déjà Teams. « Ces pratiques peuvent constituer des ventes liées ou groupées anticoncurrentielles », a précisé l’exécutif européen en annonçant jeudi l’ouverture de l’enquête formelle. Microsoft a déjà été condamné par la Commission européenne à près de 2 milliards d’euros d’amendes dans le cadre de diverses procédures d’infractions aux règles européennes de la concurrence. La dernière, pour un montant de 561 millions d’euros, avait été infligée en 2013 pour avoir imposé son navigateur Internet Explorer, alors associé au système d’exploitation Windows.

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