Une enquête Antitrust contre Apple bientôt ouverte aux Etats-Unis?

Philippe Berry

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Le logo d'Adobe Flash et d'Apple
Le logo d'Adobe Flash et d'Apple — DR

De notre correspondant à Los Angeles

On avait plus l'habitude de voir de tels titres concernant Microsoft. Mais selon le New York Post, les autorités américaines se penchent de près sur Apple, et l'ouverture d'une enquête pour abus de position dominante pourrait avoir lieu «dans les prochains jours». D'après le NY Post, la Federal Trade Commission et le département de la Justice négocient vigoureusement pour décider qui démarrera les hostilités.

Qu'a fait la firme à la pomme pour se trouver dans la ligne de mire des régulateurs américains? Mi-avril, l'entreprise a modifié sa politique pour les développeurs iPhone/iPad. Désormais, ils sont dans l'obligation d'utiliser les outils imposés par Apple. Conséquence: il leur est désormais impossible de développer des applications Flash –malgré le compilateur mis au point par Adobe qui les rendait compatible avec l'app store.

Comme le rappelle le tabloïd américain, l'ouverture d'une enquête ne signifie pas une condamnation. Dans un premier temps, l'entreprise visée doit en général justifier certaines de ses décisions, et cela suffit parfois à apaiser les régulateurs. Nul doute qu'ils devraient regarder de près une estimation de Gartner selon laquelle 99,4% des ventes d'applications payantes sur smart phones sont réalisées sur l'app store.

L'arroseur arrosé

A la lumière d'une éventuelle plainte antitrust, le long argumentaire de Steve Jobs contre Flash jeudi dernier prend une autre dimension. Certains y voient la première ligne de défense d'Apple. En substance, il tente d'expliquer que Flash est has-been sur les plateformes mobiles, et que si Apple a décidé de le déclarer non grata, c'est avant tout pour garantir la meilleure qualité possible au consommateur.

Ironie de l'affaire, Apple fut par le passé dans le rôle de David, faisant pression pour que les autorités sévissent contre Microsoft. Aujourd'hui, Apple est devenu Goliath à la place de Goliath. Steve Jobs le dit lui-même, l'entreprise a «frôlé la mort» en 1997. Mais en 13 ans, sa capitalisation boursière a été multipliée par 80. Aujourd'hui, Apple est valorisé à 245 milliards de dollars. Au rythme actuel, elle pourrait bien dépasser Microsoft (270 milliards), à la peine face à la révolution mobile.

Dans Spider-Man, une célèbre maxime dit: «Avec de grands pouvoirs viennent de grandes responsabilités.» Et les emmerdes, découvre Apple.