Harry Potter nous mène à la manette

À Londres, Christophe Séfrin

— 

Réaliser une potion à soigner les furoncles ? Fastoche avec le jeu « Harry Potter et le Prince de sang mêlé », qui sort demain sur PC et consoles (de 40 à 70 euros environ). Direction Guilford, près de Londres. C'est là, dans les studios d'Electronic Arts, que le nouveau portage des aventures du personnage de J. K. Rowling a été concocté. Dans cet immeuble de verre et d'acier, le héros à lunettes est partout. Dès l'entrée, des tentures Harry Potter ornent les murs. Même les ascenseurs ont été customisés pour ressembler à Poudlard, l'école du jeune sorcier. Sur un vaste niveau, des rangées d'ordinateurs surmontés d'un balai ou d'un chapeau de sorcier, révèlent les coulisses de la création.

Près de cent personnes se sont investies dans le projet, notamment pour la modélisation des personnages. Faite à partir de scans en 3D des comédiens, elle a nécessité l'assemblage de quelque quatre-vingts photos pour façonner les visages. « Pour la première fois, nous utilisons le procédé de motion capture. Des acteurs ont été couverts de capteurs pour créer des mouvements plus réalistes », explique Kelvin Tuite, directeur artistique des sept jeux Harry Potter, lancés depuis 2001. L'acteur Daniel Rad-cliffe s'est-il pris au jeu ? Faute de temps, il a été doublé pour les mouvements. Même la voix d'Harry dans la version anglaise du jeu n'est pas la sienne, mais celle d'un doubleur, son « Daniel Sound Like ».

Un écran laisse voir les images des décors du film qu'il a fallu numériser et animer à raison d'un mois de travail par espace recréé. A côté, une petite pièce sert à effectuer les derniers tests. Pour Kelvin Tuite, « c'était plus compliqué à l'époque de la Game Boy ! » Le nouvel opus sera optimisé pour la Wii de Nintendo, la manette Wiimote se transformant en balai, en cuillère ou en baguette magique. Repello Moldum ! W